28.11.2007

La Gauche Moderne à pied d'oeuvre sur Paris

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Le mercredi 28 novembre
de 9h à 11 h salle René Coty au Sénat
Jean-Marie Bockel lancera Gauche moderne

Comme Edouard Fillias l'observe sur son blog, avec acuité et humour, la gauche libérale est dans l'air du temps puisque même BHL s'y essaye  :

http://blog.edouard-fillias.fr/2007/11/04/7854 Vers_une_gauche_liberale_et_democrate

Mais les militants libéraux de terrain que nous sommes (autant la plume à la main que les doigts dans la colle)  ne se contenteront pas sur Paris d'observer les dernières poses germanopratines des ex-nouveaux philosophes. 

Conviendrait-il alors de suivre M. Delanoë que l'on habille en moderne et à qui l'on prête des déclarations bienveillantes à l'égard du libéralisme lors de l'université d'été de La Rochelle (à condition naturellement "de ne pas le confondre avec le monétarisme") ?. On passe sous silence qu'il s'est aussitôt empressé d'ajouter "il faut surtout se poser la question du socialisme du XXIe siècle". Vous l'avez compris, il s'agit donc avant tout d'invoquer le libéralisme et ses vertus éprouvées pour sauver... le socialisme. Ce qui revient à condamner éternellement la gauche française à rester en marge des gauches européennes.

Puisque notre maire n'envisage que de doper le socialisme au libéralisme plutôt que de franchir le rubicon de la gauche moderne, niant ainsi que la liberté individuelle puisse être le moteur de toutes les solidarités durables, nous sommes donc plusieurs militants libéraux à avoir décidé de rejoindre clairement la gauche de la majorité présidentielle (c'est-à-dire l'opposition municipale) pour ne pas laisser au futur secrétaire national du PS  le loisir d'utiliser Paris comme champ d'expérimentation, cinq années de plus, cinq années de trop. La société civile, pour nous libéraux, n'est pas une matière inerte que l'on peut façonner à sa guise.

La gauche libérale est déjà représentée à Paris au sein d'Alternative libérale. Alternative libérale est un jeune parti d'avenir et qui, sous une forme ou sous une autre, jouera un rôle dans la recomposition politique de la France puisque l'exception française ne pourra aller indéfiniment jusqu'à priver notre pays de ce parti libéral qui, dans la plupart des pays de l'Union Européenne, est un parti de gouvernement. Mais à l'heure actuelle, nous savons tous, quels que soient notre sympathie et notre attachement pour  AL, que le parti que nous avons contribué à développer sur Paris n'est pas en position de jouer un rôle autre que marginal.

Or, le libéralisme est suffisamment vigoureux pour ne pas être une affaire de "boutique" et il est une autre formation politique naissante qui offre une perspective politique aux militants libéraux : La Gauche Moderne.

Tandis que le Modem, qui a suscité tant d'espoir, déçoit ses jeunes adhérents en sombrant dans ce que précisément il prétendait combattre, le culte du chef, La Gauche Moderne est une fédération qui associe différents mouvements et qui est donc susceptible d'accueillir les libéraux. Il soutient avec autant de loyauté que de sens critique la volonté réformatrice du gouvernement et souhaite y apporter sa libre contribution.

Pragmatiquement, La Gauche Moderne entend favoriser la dynamique d'ouverture qui s'est manifestée au niveau gouvernemental et entend la traduire lors des prochaines échéances électorales, tant locales que nationales et européennes.

La Gauche Moderne présentera des candidats dans 15 villes de plus de 100.000 habitants. Ceux qui entendaient borner ce parti "social-libéral" (à savoir social parce libéral) aux marches Mulhouse et de Pau en seront pour leurs frais : La Gauche Moderne entend bien compter sur la capitale avec en ligne de mire la constitution d'un groupe au Conseil de Paris, fer de lance de l'opposition municipale (si le candidat pseudo-libéral de la dernière heure, Bertrand Delanoë, venait à être réélu) et avant-garde de l'ouverture et de la rénovation municipale (si Françoise de Panafieu était élue).

23.05.2007

Nos cafés de campagne

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Michel Leter (candidat dans la 13ème circonscription 15e sud)

Edouard Fillias (candidat dans la 12ème circonscription, 15e nord)

vous convient à venir débattre avec eux et à exprimer librement vos points de vue, vos attentes et vos propositions

au café Le Commerce

place du Commerce (métro Commerce) de 19 heures 30 à 22 heures.

Les échanges s’organiseront autour de trois thèmes, sans exclure aucune des préoccupations que vous voudrez exprimer : 

Jeudi 24 mai : La protection santé et retraite :

·   L’assurance santé (la Sécu) qui n’est un monopole qu’en France, coûte de plus en plus cher et rembourse de plus en plus mal, tout en étant au bord de la faillite.
·   Les systèmes actuels de retraite sont en équilibre précaire, alors que les retraites versées se réduisent comme peau de chagrin.
·   Notre proposition : donner le choix à tous en leur rendant leur salaire complet (le brut plus les charges patronales), à charge pour chacun d’assurer auprès de qui il veut (la sécu mais aussi les mutuelles ou les compagnies d’assurance) les risques pour lesquels il a réellement besoin d’être garanti.
Jeudi 31 mai : L’emploi et le pouvoir d’achat :
·   Les charges qui pèsent sur les entreprises les conduisent à débaucher.
·   Les PME et les très petites entreprises (commerce, artisanat), découragées par les tracasseries administratives et la complexité effrayante du code du travail, sont souvent conduites à refuser du travail pour ne pas avoir à embaucher.
·   Notre proposition : alléger les réglementations, en particulier le code du travail, et simplifier les obligations fiscales et administratives.
Jeudi 7 juin : Le scandale du logement :
·   L’Etat entretient sans raison valable la raretées terrains et des autorisations de construire, provoquant une hausse insupportable des prix des logements.
·   L’offre de logements sociaux est très insuffisante (files d’attente de plusieurs années) et leur attribution opaque.
·   Notre proposition : libérer la construction (sous réserve de règles simples pour assurer l’harmonie du cadre de vie) ; céder une partie des logements sociaux aux ménages qui peuvent les acquérir, libérant ainsi des moyens pour en construire d’autres.

 

 

07.05.2007

Législatives 2007 : ma profession de foi

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Madame, M

Madame, Ma

Madame, Mademoiselle, Monsieur, mes chers concitoyens du 15e arrondissement,

Depuis des décennies l’Etat se mêle de tout : de nos soins dentaires jusqu’au choix de l’école où iront nos enfants, peu de domaines de la vie échappent à son intervention. Pourtant, nous souffrons d’un taux de chômage persistant, de déficits abyssaux, de remboursements sociaux en baisse et de charges en hausse.

Les politiques perdant toute conscience de leurs limites entendent faire notre bonheur au mépris des libertés individuelles comme si nous n’étions pas capables de tisser nous-mêmes les solidarités qui sont au fondement de la société.

Ainsi trop d’Etat tue l’Etat. A vouloir se mêler de tout, il ne peut plus assumer ses tâches régaliennes, notamment en matière de sécurité et de justice.

J'ai quarante-huit ans ; je suis marié et j’ai deux enfants. Dans quelle France vont-ils grandir ? Lorsqu’ils auront terminé leurs études, ne seront-ils pas poussés à l’exil comme la fine fleur de la jeunesse française d’aujourd’hui ?

Comme vous, j’ai perdu confiance en la classe politique qui a conduit ce pays au bord de l’abîme. Comme vous j’ai été tenté par le rejet de la politique. Mais, il est bien connu que si nous ne nous occupons pas de la politique, elle s’occupe de nous. Alors plutôt que d’assister au spectacle de notre déclin, j’ai décidé de me lancer dans la vie publique en rejoignant une jeune formation, Alternative libérale. 

Je représente une nouvelle génération politique dont le programme n’est pas un tissu de promesses. Il tient en une seule formule (celle d'un antiprogramme !) laisser l'initiative aux citoyens en leur restituant les libertés confisquées. Il est l'heure pour les Français de s'affranchir des professionnels de la politique et d'élire des femmes et des hommes neufs issus de la société civile et qui souhaitent ardemment revenir aux sources libérales de la République, servir le pays et non plus s'en servir.

 

MES PROPOSITIONS POUR UNE FRANCE PLUS LIBRE

1. Refonder la démocratie

Pour débloquer les institutions, lutter contre l'irresponsabilité et la corruption, redonner aux Français le goût de la politique et la confiance dans leurs représentants, nous voulons réformer l'État et rétablir la séparation des pouvoirs.

• Renforcer le Parlement : nous voulons une assemblée représentative, élue au scrutin proportionnel, qui fixe librement son ordre du jour et retrouve ainsi les moyens de contrôler la dépense publique. Il faut mettre un terme à l’inflation législative et combattre la croyance selon laquelle les lois votées sont une réponse à tous les maux de la société.

• Rétablir l'indépendance de la justice, démultiplier son budget et consacrer les droits de la défense. Pour lutter contre la corruption qui mine notre démocratie, limiter la durée des mandats et leur cumul, instaurer l’inéligibilité à vie pour crime de “grande corruption”.

• Moderniser le syndicalisme : pour assainir la vie syndicale et renforcer la légitimité des partenaires sociaux, il faut abolir le monopole des cinq confédérations. Les syndicats doivent aussi publier leurs comptes afin d'instaurer un climat de confiance.

• Abroger le statut de la fonction publique : pour en finir avec les privilèges indus de quelques corps mais aussi pour une meilleure gestion des ressources humaines du secteur public, fondée sur le traitement individualisé et une vraie mobilité de carrière des fonctionnaires qui sont sous-payés.

• Défendre la liberté d'expression et de presse : c'est le bien le plus précieux d'une démocratie, elle doit être absolue et mieux protégée contre les abus du pouvoir politique et économique. Les grands groupes qui travaillent avec l'Etat ne doivent plus être des acteurs de l'information.

• Réinventer l'Europe : parce que l'Union Européenne est pour nous une évidence, nous souhaitons un nouveau projet de constitution, clair et lisible par tous, qui garantisse les libertés individuelles dans une Europe authentiquement démocratique et fédérale.

 

2. Construire la prospérité

La mondialisation est une chance. Les Français ont le talent et l'énergie nécessaires pour en profiter pleinement et retrouver le plein emploi. Le chômage et les déficits ne sont que les conséquences d'un État dirigiste et d'un excès de charges : libérons les énergies et les talents !

• Simplifier le code du travail : pour donner plus de liberté contractuelle entre salariés, employeurs et partenaires sociaux, nous voulons créer un cadre simplifié pour le contrat de travail. Le cumul de deux emplois, ou d'un emploi et d'une retraite, doit être autorisé.

• Moderniser la fiscalité : nous proposons un taux unique de l'impôt sur le revenu (flat tax), la suppression des niches fiscales, l'alignement sur nos voisins européens de l'impôt sur les sociétés et la suppression de l'ISF, comme la Suède vient de le décider.

• Libérer les PME du maquis législatif et réglementaire, des monopoles et des corporatismes qui bloquent leur développement, ainsi que leur potentiel considérable de création d'emplois et d'innovation. Créer un environnement favorable au capital-risque et aux “business angels”.

• Instaurer le salaire complet, par la fusion des charges patronales et du salaire brut. Ainsi, chaque salarié (qui verra son salaire net quasiment doubler dans la plupart des cas) saura enfin la valeur réelle de son travail et le poids des charges sociales qui pèsent sur son revenu.

• Libérer la sécurité sociale : l'ouverture du monopole aux mutuelles et assureurs privés permettra d'améliorer notre couverture médicale et fera baisser les cotisations. Ceux qui le souhaitent pourront aussi choisir de cotiser pour une retraite par capitalisation.

• Libérer l’aide sociale : la solidarité est une responsabilité de la société tout entière. Il convient donc de développer l’aide sociale en supprimant les entraves légales et fiscales qui empêchent aujourd’hui les fondations et les associations de prendre toute leur part dans cette mission.

 

3. Libérer la société

La démocratie ne vaut que par la liberté qu'elle offre à chaque citoyen de construire sa vie en faisant des choix et en les assumant. Le souci du législateur doit être d'élargir le champ des libertés dans la mesure du possible, et non de les restreindre.

• Libérer l'école, l’université et la recherche : suppression de la carte scolaire et du collège unique, autonomie des établissements, financement public des études grâce au chèque-éducation (l'argent suit les élèves), embauche directe des enseignants par les écoles, suppression du CNRS, privatisation des grandes écoles et liberté des université pour leur permettre de soutenir la concurrence internationale.

• Lutter contre la pollution : le combat pour l'environnement est porteur de progrès et de création de valeur, à condition de faire confiance aux hommes et à leur capacité d'innovation. Pour cela, la responsabilité de chacun doit être engagée. C'est le principe du “pollueur payeur”.

• Libérer le logement : pour dépasser la crise, il faut libérer le foncier, réserver les HLM aux personnes à faibles revenus (en dépolitisant le logement social qui est actuellement détourné au profit du clientélisme des élus), favoriser l'accession à la propriété et défendre les droits des bailleurs face aux mauvais payeurs afin de restaurer la confiance entre bailleurs et locataires.

• Assurer la sécurité des personnes et des biens : à force de se mêler de tout l’Etat n’assure plus sa tâche régalienne principale. Face à la montée de l’insécurité, il lui incombe de donner enfin à la police les moyens d’assurer ses missions. Dans cet esprit, les citoyens ne doivent plus être contrôlés sur la voie publique sans raison valable. Cette pratique qui n'apporte rien en terme de sécurité est la porte ouverte à toutes les dérives, à commencer par les contrôles “au faciès”.

• Libérer les transports : abolir le monopole des sociétés de transports publics pour démultiplier une offre qui réponde avec réactivité aux attentes du public, dans le respect de normes de sécurité et de qualité de haut niveau. Abolir les quotas de licences de taxis.  

30.03.2007

De l'arrestation en maternelle à la bagarre du Nord : un avant-goût de la France d'après

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Arrestation à la maternelle Rampal

J'ai parcouru les commentaires sur les sites et les blogs libéraux suite aux récentes mises en scène sécuritaires du candidat Sarkozy et je suis consterné par notre candeur.

Que les militants libéraux englués à l'UMP se taisent, je le regrette mais je le comprends; mais que les libéraux authentiques, ceux qui exercent leur liberté de parole, au sein d'AL ou ailleurs n'aient pas pris la mesure de la partition jouée par le ministre de l'Intérieur (oui, M. Baroin occupe le poste mais qui peut croire que son prédecesseur a abandonné le dossier sur lequel va se jouer le campagne prédidentielle ?), voilà qui augure mal de notre capacité à résister à un nouveau 18 Brumaire.

De quoi s'agit-il pour M. Sarkozy qui orchestre la campagne ?

a) D'éliminer M. Bayrou en durcissant le clivage droite-gauche qui est encore prégnant sur les questions de sécurité;

b) De faire monter M. Le Pen pour qu'il soit le nouveau troisième homme, dans la perspective d'une normalisation des relations avec le FN (ce qui permettrait aux législatives, en cas de victoire de Sarkozy, de reprendre des circonscriptions arrachées à la droite par la gauche, grâce au FN, favorisé par Mitterrand dans les années 80);

c) De justifier son pouvoir personnel en créant les conditions d'une émeute perpétuelle après le 6 mai. 

On m'objectera que si ces événements peuvent profiter à M. Sarkozy, c'est de bonne guerre car il ne les a pas provoqués.

C'est l'apparence du bon sens. M. Sarkozy n'aurait pas non plus provoqué les émeutes de novembre 2005; il n'aurait pas non plus employé le mot Karcher à La Courneuve en juin 2005; il a courageusement stigmatisé l'inaction des "juges rouges" de Bobigny qui relâcheraient les prévenus; il a fait voté une dizaine de lois depuis 2004 qui seraient responsables d'une baisse sans précédent de la délinquance.

Le problème c'est que les lois ne sont pas magiques, que les chiffres de la délinquance, comme les statistiques du chômage en France (comme naguère en Union Soviétique) sont fausses; qu'un étude officielle récente, citée par le Canard enchaîné du 21 mars, démontre que les juges, en novembre 2005, on fait leur travail.

J'étais encore enseignant à La Courneuve le 20 juin 2005 lorsque M. Sarkozy a fait son numéro à la cité des 4000 suite au meurtre du petit Sidi Ahmed (lequel avait été tragiquement pris entre les feux croisés de ce qui avait été présenté comme deux bandes rivales) et avait vanté la fameuse marque de pulvérisateur à haute pression.

Il se trouve que j'avais dans mes classes nombre d'élèves proches des deux familles impliquées dans la fusillade et que j'avais pu me faire une idée assez précise des tenants et aboutissants de cette affaire qui tenait plus des Montaigus et des Capulets de Roméo et Juliette que du trafic de drogue que nos conservateurs aiment à accommoder pour justifier l'interventionnnisme et l'ordre moral.

Le lendemain M. Sarkozy était revenu à la mairie de La Courneuve pour distribuer les promesses, promettant les emplois comme on distribuait les offices ou les indulgences sous l'Ancien Régime. Les caméras ayant été démontées, aucune n'a été tenue.

J'ai su alors qu'on avait fouillé les appartements pour trouver les armes alors que chacun sait où les armes se trouvent dans la cité et pas où la police sarkoziste a fait mine de les chercher (mais c'était mieux ainsi pour la seule chose qui compte, les caméras et le 20 heures).

La police à La Courneuve est toujours, en dépit des promesses de juin 2005, en sous-effectif (l'Etat social-conservateur ne peut pas à la fois éponger les dettes d'un Crédit lyonnais et assumer ses tâches régaliennes).

Sentant l'explosion imminente, et étant père de deux enfants, j'ai demandé, après 12 années de bons et loyaux services dans le 93, ma mutation sur Paris. En novembre mes craintes étaient, hélas, confirmées par les "émeutes" dont l'abcès de fixation créé par l'irresponsabilité de M. Sarkozy a été le prétexte.

J'enseigne actuellement en ZEP dans le 19e, et voilà que je suis encore rattrapé par le maire de Neuilly.

J'ai beaucoup d'élèves chinois dans le collège où j'enseigne et je peux vous dire qu'il sont exemplaires. Il savent ce qu'est le racisme. Ils le subissent chaque jour, parfois dans leur chair, mais ils s'accrochent admirablement.

La grande législation française, celle de l'instruction publique, qui nous vient de Condorcet, de Daunou, de Destutt de Tracy, les grands pédagogues libéraux de la Révolution, nous oblige à scolariser tous les enfants qui se trouvent sur notre territoire. Mais la monstruosité législative antilibérale promue par les constructivistes de tous poils veut que le grand-père qui, est pourtant le modèle structurant pour l'élève chinois, nourri non pas de l'obscurantisme islamiste mais de la sagesse confucianiste, ne soit pas touché par cette grâce républicaine.

Admettons. Admettons comme M. Sarkozy, qui est à Condorcet ce que le palefrenier de Bonaparte est à Jefferson, que mon élève chinois puisse être encouragé dans sa scolarité par l'arrestation de son grand-père. Mais alors pourquoi l'arrêter devant l'école et non pas, tranquillement, chez lui ?

Voilà qui devrait troubler les libéraux de l'UMP. Pourquoi gazer le quartier au vu et au su de la terre entière et pousser une directrice exemplaire et qui plus est de confession juive (ce que la presse omet de relever) ? La réponse est élémentaire : il s'agit de conduire la gauche à engager le combat sur le terrain choisi par M. Sarkozy pour laminer M. Bayrou en restaurant le clivage droite-gauche dans toute sa rusticité (c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes). 

Je voulais aussi vous parler de la bagarre du Nord mais il se fait tard et après les mensonges d'Etat de "la voix de son maître", M. François Baroin, sur l'irrégularité de la situation d'Angelo H., je dois encore compléter mon dossier avant de vous livrer mon sentiment.

Toujours est-il que ces événements qui sont tout sauf fortuits, nous donnent un avant-goût de "la France d'après", celle de l'après 6 mai, si M. Sarkozy était élu : insécurité permanente suscitée par un Etat qui n'a plus les moyens d'assumer ses responsabilités (heureusement 90% des besoins de sécurité commerciale en banlieue sont assurés par le privé), émeute perpétuelle.

La France, dont le déficit est déjà abyssal, a-t-elle les moyens de se payer une guerre civile durant les 5 années que durerait la présidence de M. Sarkozy ?

La réponse est contenue dans la question. C'est pourquoi j'appelle les vrais républicains, ceux qui sont  vaiment attachés à la sécurité des personnes et des biens - et pas seulement à Neuilly - à quitter tant les rangs du PS, dont la politique est responsable de la montée de l'extrême droite, et ceux de l'UMP dont le candidat, plus soucieux de démagogie que de service public, a mis le feu aux poudres, et à rejoindre Alternative libérale pour préparer la révolution légale ,qui est la seule révolte susceptible de sortir les banlieues en particulier et le pays en général du marasme.

17.03.2007

Pour prendre de la hauteur, je vous invite au ministère de la Recherche le 19 mars

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Edouard Laboulaye
  

Sur la blogosphère le maelström, qui a plongé le "débat" sur le soutien d'Edouard Fillias à Bayrou dans des landes où la raison n'a plus sa place, donne envie de prendre de la hauteur.

Heureusement le hasard – ou plutôt l’hospitalité de Jean Petitot, directeur du CREA-Polytechnique — faisant bien les choses, j’ai le plaisir de vous inviter le 19 mars à une table ronde organisée au ministère de la Recherche à l’occasion de la parution aux Belles Lettres des Essais de philosophie, de science politique et d'économie (1967) de Friedrich Hayek

Les tables rondes donneront lieu à de brèves présentations des volumes qui composent la collection « Classsiques de la liberté » aux Belles Lettres ainsi que la catalogue des éditions de l’Institut Charles Coquelin.  

J’y parlerai de l’école de Paris, des Sophismes économiques de Frédéric Bastiat et surtout Du parti libéral, son programme et son avenir (1863) et des Projets de M. Jules Ferry et la liberté d’enseignement (1880) de mon maître en philosophie politique, Edouard Laboulaye.

Alain Laurent m’a fait l’honneur de me confier l’édition de ces textes qui, comme les Sophismes économiques, n’étaient plus disponibles depuis le 19e siècle (parution en septembre).

Laboulaye, au cours de la seule année 1875, a la même année concrétisé son idée d’offrir la fameuse statue de la liberté à l’Amérique, arraché une liberté perdue aujourd’hui pour les universités et œuvré à l’adoption des lois constitutionnelles qui donnèrent presque « miraculeusement » naissance à la IIIe République.

C’était l’époque où les républicains libéraux du centre gauche en s’alliant à la fois avec la gauche républicaine et certains orléanistes réussirent à rompre le front monarchiste qui ne promettait rien d’autre à la France que le retour du roi : une belle leçon de choses ! La semaine prochaine, j’aurai le plaisir de vous inviter à l’Assemblée nationale pour la première séance de mon cycle consacré aux grands parlementaires libéraux.

Voici le texte de l’invitation où vous trouverez les informations pratiques pour vous rendre à cette table ronde :

 

PENSER LA LIBERTE À l’occasion de la publication (inédite en français) des Essais de philosophie, de science politique et d'économie (1967) de Friedrich Hayek – dixième volume de la Bibliothèque classique de la liberté (Editions des Belles Lettres) dont c’est en même temps le troisième anniversaire, une table ronde examinera la contribution apportée à l’histoire des idées par la réédition récente de textes fondateurs oubliés ou la traduction de textes étrangers encore non disponibles concernant la promotion des valeurs de liberté.


LUNDI 19 MARS 2007, de 15h à 19h30 Amphithéâtre Stourdzé 1 rue Descartes (Paris, 5°) Ministère de la recherche
(entrée par le n°25 de la rue de la montagne Sainte-Geneviève)



Programme
   
Introduction aux débats : L’histoire des idées, l’édition, la presse et Internet (Alain Laurent, directeur de la Bibliothèque classique de la liberté et Philippe Nataf, fondateur des Editions Charles Coquelin)
  
  Première séquence : Des Lumières à l’Ecole de Paris (15h30/17h)
Thomas Jefferson, Ecrits politiques (1774-1816)

Wilhelm von Humboldt, Essai sur les limites de l’action de l’Etat (1791/92)  

Jacques Necker, Réflexions philosophiques sur l’égalité (1793)

(intervenants : Gérard Dréan, traducteur du volume Jefferson Patricia Commun, Univ. de Cergy-Pontoise)

Benjamin Constant, Commentaire sur l’ouvrage de Filangieri

 

(1822/24) Frédéric Bastiat, Sophismes économiques (1845-48)

 

Edouard Laboulaye, Le programme du parti libéral (1863) et La liberté

 

d’enseigner (1880) Yves Guyot, La Tyrannie collectiviste (1893/94)


(intervenants : Michel Leter, préfacier des volumes Bastiat et Laboulaye, enseignant en lettres Philippe Nataf, Univ. de Paris-VII Vincent Valentin, Univ. de Paris-I) 
  

  Seconde séquence : Autour de Hayek (17h15/19h) Friedrich Hayek, Essais de philosophie, de science politique et

 

d’économie (1967) Henry Hazlitt, L’Economie politique en une leçon (1946)

 

Ludwig von Mises, Abrégé de l’Action humaine (1949)
                               Libéralisme (1922)

 

Bruno Leoni, La liberté et le droit (1961)

 


(intervenants : Christophe Piton, traducteur du volume Hayek Gérard Dréan, traducteur du volume Mises Philippe Nataf, éditeur du volume Hazlitt Jean Petitot, directeur du CREA -Ecole Polytechnique) 
  

  Conclusions : Une remise en perspective historique avec Michael Oakeshott (Morale et politique dans l’Europe moderne, 1958), par Alain

Laurent.
Inscriptions auprès des Editions des Belles Lettres : m.gratini@lesbelleslettres.com

Le nombre de places est limité.