15.04.2007
Opération "mains propres": pour en finir avec la corruption
Le rapport de l’organisation indépendante Transparency International le démontre chaque année : la France est rongée par la corruption. Cela n'étonnera pas nos concitoyens: selon le CEVIPOV, pas moins de 60% des électeurs français pensent que leurs élus sont corrompus.
Si la presse fait régulièrement écho des affaires politico-financières - marchés publics truqués, emplois fictifs, rétro-commissions et autres trafics d’influences - les partis au pouvoir font fi de ces événements et continuent de recycler leurs politiciens corrompus, fussent-ils condamnés par la justice.
Rien ne se passe, toujours un peu plus, comme dit la chanson.
Pendant ce temps, la grande corruption étend sa toile, à la faveur de la mondialisation des échanges, et domine des secteurs entiers de l’économie, parmi les plus sensibles : énergie, grands travaux, armement, aéronautique, ressources minières…
Les appels solennels des grands juges européens confrontés au phénomène restent lettre morte. Qui se souvient de l’Appel de Genève cosigné par Renaud Van Ruymbeke ou de la Déclaration de Paris initiée par Eva Joly ?
Parce que la lutte contre la corruption est un préalable à toute action politique authentique, Alternative Libérale entend s’engager pour mettre fin à l’omerta sur ces agissements.
En conséquence, nous lancerons le mardi 17 avril à 11h un appel au prochain Président de la République, soutenu par une pétition nationale, afin qu’il donne au pouvoir judiciaire l’indépendance requise pour mener une véritable politique de lutte contre la corruption, à l’instar de ce qui s’est passé en Italie dans les années 90.
Charles de Courson, député UDF, Séverine Tessier, présidente de l’association ANTICOR, Férial Furon, candidate d’Alternative Libérale à Clichy et Levallois et Edouard Fillias, président d’Alternative Libérale, prendront la parole lors de cette conférence de presse.
Rendez-vous mardi 17 avril à 11h au siège d'Alternative Libérale, 94 boulevard Flandrin, Paris 16ème (M° Porte Dauphine).
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30.03.2007
De l'arrestation en maternelle à la bagarre du Nord : un avant-goût de la France d'après
J'ai parcouru les commentaires sur les sites et les blogs libéraux suite aux récentes mises en scène sécuritaires du candidat Sarkozy et je suis consterné par notre candeur.
Que les militants libéraux englués à l'UMP se taisent, je le regrette mais je le comprends; mais que les libéraux authentiques, ceux qui exercent leur liberté de parole, au sein d'AL ou ailleurs n'aient pas pris la mesure de la partition jouée par le ministre de l'Intérieur (oui, M. Baroin occupe le poste mais qui peut croire que son prédecesseur a abandonné le dossier sur lequel va se jouer le campagne prédidentielle ?), voilà qui augure mal de notre capacité à résister à un nouveau 18 Brumaire.
De quoi s'agit-il pour M. Sarkozy qui orchestre la campagne ?
a) D'éliminer M. Bayrou en durcissant le clivage droite-gauche qui est encore prégnant sur les questions de sécurité;
b) De faire monter M. Le Pen pour qu'il soit le nouveau troisième homme, dans la perspective d'une normalisation des relations avec le FN (ce qui permettrait aux législatives, en cas de victoire de Sarkozy, de reprendre des circonscriptions arrachées à la droite par la gauche, grâce au FN, favorisé par Mitterrand dans les années 80);
c) De justifier son pouvoir personnel en créant les conditions d'une émeute perpétuelle après le 6 mai.
On m'objectera que si ces événements peuvent profiter à M. Sarkozy, c'est de bonne guerre car il ne les a pas provoqués.
C'est l'apparence du bon sens. M. Sarkozy n'aurait pas non plus provoqué les émeutes de novembre 2005; il n'aurait pas non plus employé le mot Karcher à La Courneuve en juin 2005; il a courageusement stigmatisé l'inaction des "juges rouges" de Bobigny qui relâcheraient les prévenus; il a fait voté une dizaine de lois depuis 2004 qui seraient responsables d'une baisse sans précédent de la délinquance.
Le problème c'est que les lois ne sont pas magiques, que les chiffres de la délinquance, comme les statistiques du chômage en France (comme naguère en Union Soviétique) sont fausses; qu'un étude officielle récente, citée par le Canard enchaîné du 21 mars, démontre que les juges, en novembre 2005, on fait leur travail.
J'étais encore enseignant à La Courneuve le 20 juin 2005 lorsque M. Sarkozy a fait son numéro à la cité des 4000 suite au meurtre du petit Sidi Ahmed (lequel avait été tragiquement pris entre les feux croisés de ce qui avait été présenté comme deux bandes rivales) et avait vanté la fameuse marque de pulvérisateur à haute pression.
Il se trouve que j'avais dans mes classes nombre d'élèves proches des deux familles impliquées dans la fusillade et que j'avais pu me faire une idée assez précise des tenants et aboutissants de cette affaire qui tenait plus des Montaigus et des Capulets de Roméo et Juliette que du trafic de drogue que nos conservateurs aiment à accommoder pour justifier l'interventionnnisme et l'ordre moral.
Le lendemain M. Sarkozy était revenu à la mairie de La Courneuve pour distribuer les promesses, promettant les emplois comme on distribuait les offices ou les indulgences sous l'Ancien Régime. Les caméras ayant été démontées, aucune n'a été tenue.
J'ai su alors qu'on avait fouillé les appartements pour trouver les armes alors que chacun sait où les armes se trouvent dans la cité et pas où la police sarkoziste a fait mine de les chercher (mais c'était mieux ainsi pour la seule chose qui compte, les caméras et le 20 heures).
La police à La Courneuve est toujours, en dépit des promesses de juin 2005, en sous-effectif (l'Etat social-conservateur ne peut pas à la fois éponger les dettes d'un Crédit lyonnais et assumer ses tâches régaliennes).
Sentant l'explosion imminente, et étant père de deux enfants, j'ai demandé, après 12 années de bons et loyaux services dans le 93, ma mutation sur Paris. En novembre mes craintes étaient, hélas, confirmées par les "émeutes" dont l'abcès de fixation créé par l'irresponsabilité de M. Sarkozy a été le prétexte.
J'enseigne actuellement en ZEP dans le 19e, et voilà que je suis encore rattrapé par le maire de Neuilly.
J'ai beaucoup d'élèves chinois dans le collège où j'enseigne et je peux vous dire qu'il sont exemplaires. Il savent ce qu'est le racisme. Ils le subissent chaque jour, parfois dans leur chair, mais ils s'accrochent admirablement.
La grande législation française, celle de l'instruction publique, qui nous vient de Condorcet, de Daunou, de Destutt de Tracy, les grands pédagogues libéraux de la Révolution, nous oblige à scolariser tous les enfants qui se trouvent sur notre territoire. Mais la monstruosité législative antilibérale promue par les constructivistes de tous poils veut que le grand-père qui, est pourtant le modèle structurant pour l'élève chinois, nourri non pas de l'obscurantisme islamiste mais de la sagesse confucianiste, ne soit pas touché par cette grâce républicaine.
Admettons. Admettons comme M. Sarkozy, qui est à Condorcet ce que le palefrenier de Bonaparte est à Jefferson, que mon élève chinois puisse être encouragé dans sa scolarité par l'arrestation de son grand-père. Mais alors pourquoi l'arrêter devant l'école et non pas, tranquillement, chez lui ?
Voilà qui devrait troubler les libéraux de l'UMP. Pourquoi gazer le quartier au vu et au su de la terre entière et pousser une directrice exemplaire et qui plus est de confession juive (ce que la presse omet de relever) ? La réponse est élémentaire : il s'agit de conduire la gauche à engager le combat sur le terrain choisi par M. Sarkozy pour laminer M. Bayrou en restaurant le clivage droite-gauche dans toute sa rusticité (c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes).
Je voulais aussi vous parler de la bagarre du Nord mais il se fait tard et après les mensonges d'Etat de "la voix de son maître", M. François Baroin, sur l'irrégularité de la situation d'Angelo H., je dois encore compléter mon dossier avant de vous livrer mon sentiment.
Toujours est-il que ces événements qui sont tout sauf fortuits, nous donnent un avant-goût de "la France d'après", celle de l'après 6 mai, si M. Sarkozy était élu : insécurité permanente suscitée par un Etat qui n'a plus les moyens d'assumer ses responsabilités (heureusement 90% des besoins de sécurité commerciale en banlieue sont assurés par le privé), émeute perpétuelle.
La France, dont le déficit est déjà abyssal, a-t-elle les moyens de se payer une guerre civile durant les 5 années que durerait la présidence de M. Sarkozy ?
La réponse est contenue dans la question. C'est pourquoi j'appelle les vrais républicains, ceux qui sont vaiment attachés à la sécurité des personnes et des biens - et pas seulement à Neuilly - à quitter tant les rangs du PS, dont la politique est responsable de la montée de l'extrême droite, et ceux de l'UMP dont le candidat, plus soucieux de démagogie que de service public, a mis le feu aux poudres, et à rejoindre Alternative libérale pour préparer la révolution légale ,qui est la seule révolte susceptible de sortir les banlieues en particulier et le pays en général du marasme.
23.03.2007
le nouveau Hayek est arrivé
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Pour découvrir l’œuvre et la pensée de celui qui a été le plus influent et vigoureux acteur du renouveau libéral au XX° siècle, le lecteur français peut en principe se reporter à quelques grands titres tels que La Route de la servitude, La Constitution de la liberté ou Droit, législation et liberté et La présomption fatale. Mais plus aucun de ces titres de Hayek n’est depuis longtemps disponible en librairie…La publication des Essais de philosophie, de science politique et d’économie (1967) va donc à la fois enfin combler un bien étrange vide éditorial et satisfaire tous ceux qui veulent par eux-mêmes en savoir plus sur l’élaboration des thèses du Prix Nobel d’économie 1974, devenu l’icône mondial du « néo-libéralisme » en partie grâce aux anathèmes lancés contre lui par les altermondialistes et tous leurs alliés étatistes.
Composé de 25 chapitres reproduisant des textes de conférences ou d’articles, l’ouvrage s’articule en trois parties dont la première concerne les soubassements de la théorie hayekienne de l’ordre spontané et de l’évolutionnisme. Tout en traitant des fondamentaux de l’économie de libre marché, la troisième comporte dans son chapitre 20 des aperçus fort éclairants sur le détournement du droit qui a permis à la tyrannie syndicale d’acquérir les privilèges et le pouvoir de nuisance que l’on sait. Mais c’est dans la partie centrale (la politique) qu’on trouvera le plus de quoi vraiment comprendre l’origine des errements majeurs de l’époque : la démagogie du « social » qui bat actuellement son plein (ch. 17 : « Social ? Qu’est-ce que ça veut dire ? ») ou la trahison de l’intelligentsia devenue la courroie de transmission de l’étatisme et du collectivisme (ch. 12 : « Les intellectuels et le socialisme » - un texte légendaire).
Si l’on ajoute à cela la redéfinition rigoureuse du libéralisme (ch. 11 : « Le principe d’un ordre social libéral ») et la fameuse allocution d’ouverture de la conférence inaugurale de la Mont-Pèlerin Society (ch. 10) qui constitue toujours de nos jours une sorte d’Internationale des intellectuels libéraux, la parution de ces Essais inédits en français représente un événement majeur pour tous ceux qui privilégient la liberté individuelle.
Alain Laurent
* Editions des Belles Lettres (Bibliothèque classique de la liberté) ; 528 pages, 29 euros.
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