23.04.2007
Pourquoi je ne voterai pas Sarkozy (2)
| 22 avril 2007 | |
"Je ne vous abandonnerai pas" | |
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18.04.2007
Pourquoi je ne voterai pas Sarkozy
M. Sarkozy passe pour libéral. On somme donc bruyamment les libéraux de voter pour le candidat de l'UMP.
Mais M. Sarkozy qui, lorsqu'il se pique de philosophie, ne trouve pas mieux d'avancer, contre l'empirisme des lumières, qu'on naît pédophile ou suicidaire, devrait au moins se ranger à un argument : on ne naît pas libéral : il en est la preuve !
La philosophie libérale française, depuis Condorcet, met en avant l'éducabilité et la perfectibilité, ce qui suppose la patience et l'amour, autant de vertus que le néo-bonapartisme pratiqué par M. Sarkozy s'entête à ruiner. Les démocraties libérales sont les fruits d'un long apprentissage, non d'une fatalité.
M. Sarkozy passe pour atlantiste, exhibant pour tout brevet la photographie retouchée d'une poignée de main avec le Président des Etats-Unis. Fasciné par la seule hyper-puissance de l'Amérique, M. Sarkozy a-t-il pris le temps de se recueillir devant la statue de la liberté ? S'est-il souvenu que ce sont les libéraux français qui ont offert la liberté à l'Amérique : La Fayette d'abord et ensuite Edouard Laboulaye qui lança la souscription de la fameuse statue réalisée par Auguste Bartholdi. On imagine mal aujourd'hui les rentiers de la politique et les artistes français subventionnés susciter un tel élan de bienfaisance à l'égard de "la grande république" américaine.
Cette tradition libérale française plonge ses racines dans la Révolution légale de 1789 fondée sur les principes d'abolition des privilèges et d'égalité devant la loi. C'est elle qui garantit la seule souveraineté réelle, celle de l'individu. C'est elle qui incarne la nation, union politique des spoliés contre les spoliateurs. M.Sarkozy, en proposant son ministère de l'identité nationale et de l'immigration montre qu'il est prêt à sacrifier les principes fondateurs de la nation au profit des contingences électorales de l'heure. La France d'après est amnésique.
La liberté, au pays de Montesquieu, est garantie par la séparation des pouvoirs. Or que fait Monsieur Sarkozy dès son arrivée place Beauvau? Il empiète en permanence sur le territoire de son pauvre collègue Pascal Clément, tonne contre les décisions des magistrats, annonce des châtiments terribles. Que fait-il lorsqu'il revient place Beauvau ? Il affirme avec son cynisme candide et fébrile habituel qu'il revient s'occuper de ses affaires personnelles, se défendre comme numéro 2 contre les coups tordus du numéro 1. Et de se faire aussitôt remettre son propre dossier... Vive la liberté d'utiliser l'Etat à sa guise...
La liberté, au pays de Voltaire, c'est veiller à la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Tout le monde le pensait jusqu'à...Monsieur Sarkozy. Pour l’ami de Doc gynéco et Bernard Tapie, entre deux ouvrages écrits avec un membre de l'épiscopat sur la transcendance, il n’y a rien de plus urgent que de financer, via le contribuable, les mosquées dans les quartiers difficiles, là où lui même ne parvient pas à représenter ni l'Etat, ni même l’UMP.
La liberté, au pays de Diderot et Hugo, c'est bien évidemment la liberté d'expression, ce qui implique à la fois une vraie diversité dans le domaine culturel (le livre, la presse, l'image) et la plus grande indépendance possible entre les productions de l’esprit, les puissances de l'argent et le gouvernement du pays : là aussi, séparation des pouvoirs ! C'est une évidence ? Plus depuis Monsieur Sarkozy. Comme l'a dénoncé le premier Francois Bayrou, ce sont ses amis et non de vagues relations qui dirigent des empires de presse, des chaînes de télévision et pas les plus confidentielles, tout en ayant la haute main sur des pans gigantesques de l'industrie... Le moins que l'on puisse dire c'est que les lecteurs et spectateurs payent tous les jours pour le voir !
D'ores et déjà la complaisance de ces quasi monopoles a de quoi faire sourire, au pays de Zola, ceux quelle ne fait pas encore frémir. Les doigts du premier flic de France claquent et les reportages se succèdent sur le bonheur conjugal, les doigts du grand argentier claquent et les têtes tombent de ceux qui ont cru, les naïfs, pouvoir aussi traiter des infortunes ... Et Monsieur Sarkozy n'était que numéro 2, pas encore tout là-haut ! Quand on se représente mentalement, sur les affiches de l'UMP, à côté du visage de Monsieur Sarkozy ceux des grands patrons-grands amis, tout à coup le slogan jusqu'alors le plus plat de la campagne retrouve son relief : ensemble, tout devient possible !...
Lorsque l'esprit de la police devient la police de l’esprit ; lorsque la servilité devant les puissances se conjugue avec la hargne contre les récalcitrants (n’est-ce pas Azouz Begag ?, n'est ce pas Lilian Thuram ?) et les ricanements démagogiques devant le savoir (a quoi sert la Princesse de Clèves ?), on voit bien que la France qui excite l'énergie de Monsieur Sarkozy n’est certes pas la France des lumières.
Cette invraisemblable fin de campagne le confirme avec un éclat sinistre faut-il bien peu aimer la liberté pour souffleter Simone Veil avec un ministère de l'identité nationale, faut-il bien peu aimer la liberté pour estimer que les pédophiles le sont déjà dans le ventre de leur mère, les délinquants à la crèche, sans compter les adolescents suicidaires qui rêvaient d'en finir dès le temps des premiers biberons...
La France ne possède qu'une réplique de la statue de la liberté mais cela ne signifie pas qu'elle soit éternellement condamnée à être privée des libertés individuelles, civiles, sociales et politique dont jouissent les Américains et les autres peuples de l'Union européenne. La France mérite une nouvelle donne politique, pour une égale représentation, une justice indépendante, un débat démocratique ouvert. Les réformes économiques attendues seront la conséquence de cette décrispation : sans elle, le dialogue social restera stérile.
Etre libéral, est-ce soutenir l’homme qui emprunte pour sa campagne les mots du dernier commissaire au plan, qui bâillonne les libéraux de son entourage, qui propose chaque jour de nouvelles sécurités et si peu d’horizon ? La France n'a pas besoin d'un nouveau Bonaparte, encore moins de sa caricature mais d'une Révolution légale. La France a besoin de l'alliance des partis démocrates et libéraux qui ont ouvert la voie de la nouvelle Europe. « Le premier devoir d'un citoyen c'est de demander la liberté lorsqu'il ne l'a pas. Son second devoir c'est d'en user quand il l'a », disait Edouard Laboulaye après avoir offert la fameuse statue à l'Amérique. Puisque nous disposons encore de la liberté de vote, choisissons François Bayrou : la voix de la France contre celle de son maître.
15.04.2007
Après Rocard, Kouchner l'a fait !

Après Rocard, Kouchner, la personnalité la plus populaire du PS l'a fait !
On ne peut plus parler d'épiphénomène. Kouchner a beau tenter d'associer Mme Royal à sa démarche, c'est bien au crépuscule du PS que nous assistons, le PS du congrès d'Epinay, créé par Mitterrand et dont Ségolène Royal est l'inflexible héritière (Mitterrand a toujours soupçonné Rocard de préparer l'alliance au centre).
Demain matin précipitez-vous sur le JDD pour lire le billet de Kouchner. Si vous préférez faire la grasse matinée au lieu d'aller chercher les croissants et le journal, je vous adresse en avant-première le papier de l'iconoclaste, qui aurait pu être à la place de Bayrou aujourd'hui (et peut-être bien plus haut) s'il avait fait preuve d'autant de courage.
Assez de l'esprit sectaire !
Je ne suis pas dans la manoeuvre politicienne, je ne l'ai jamais été. Et je n'imagine pas que Michel Rocard y soit, lui qui a plus apporté à la France et aux idées que tous ses détracteurs réunis. Ce qui me préoccupe, c'est la France et les réformes indispensables pour redonner à nos concitoyens le goût d'aller de l'avant.Seule une gauche social-démocrate rénovée, avec ses valeurs et ses méthodes, mais aussi de l'imagination, de la générosité et du rêve, peut en convaincre les Français. A l'instar de nos voisins européens, capables de réussir là où nous avons échoué jusqu'ici, cette gauche-là ne doit pas refuser l'alliance avec un centre rénové. Pour la première fois depuis trente ans, le parti de François Bayrou ne récuse pas la gauche réformatrice. Saisissons cette chance. J'ai suffisamment soutenu Ségolène Royal et travaillé avec elle pour savoir qu'elle peut orchestrer calmement cette indispensable mutation.
Je sais que les alliances ne se noueront qu'après le premier tour. Ce n'est pas ajouter à la confusion que de revenir dès aujourd'hui à l'essentiel, et de préférer aux calculs politiciens des convictions que tant d'entre nous partagent. Les professionnels de la politique adoptent parfois des postures qui retardent les mutations salvatrices. Les électeurs de dimanche prochain ne sont pas prisonniers des frontières du sectarisme. La France vaut mieux que nos certitudes vieillies et nos crampes partisanes.
03:10 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


