07.05.2007
Législatives 2007 : ma profession de foi
Madame, M
Madame, Ma
Madame, Mademoiselle, Monsieur, mes chers concitoyens du 15e arrondissement,
Depuis des décennies l’Etat se mêle de tout : de nos soins dentaires jusqu’au choix de l’école où iront nos enfants, peu de domaines de la vie échappent à son intervention. Pourtant, nous souffrons d’un taux de chômage persistant, de déficits abyssaux, de remboursements sociaux en baisse et de charges en hausse.
Les politiques perdant toute conscience de leurs limites entendent faire notre bonheur au mépris des libertés individuelles comme si nous n’étions pas capables de tisser nous-mêmes les solidarités qui sont au fondement de la société.
Ainsi trop d’Etat tue l’Etat. A vouloir se mêler de tout, il ne peut plus assumer ses tâches régaliennes, notamment en matière de sécurité et de justice.
J'ai quarante-huit ans ; je suis marié et j’ai deux enfants. Dans quelle France vont-ils grandir ? Lorsqu’ils auront terminé leurs études, ne seront-ils pas poussés à l’exil comme la fine fleur de la jeunesse française d’aujourd’hui ?
Comme vous, j’ai perdu confiance en la classe politique qui a conduit ce pays au bord de l’abîme. Comme vous j’ai été tenté par le rejet de la politique. Mais, il est bien connu que si nous ne nous occupons pas de la politique, elle s’occupe de nous. Alors plutôt que d’assister au spectacle de notre déclin, j’ai décidé de me lancer dans la vie publique en rejoignant une jeune formation, Alternative libérale.
Je représente une nouvelle génération politique dont le programme n’est pas un tissu de promesses. Il tient en une seule formule (celle d'un antiprogramme !) laisser l'initiative aux citoyens en leur restituant les libertés confisquées. Il est l'heure pour les Français de s'affranchir des professionnels de la politique et d'élire des femmes et des hommes neufs issus de la société civile et qui souhaitent ardemment revenir aux sources libérales de la République, servir le pays et non plus s'en servir.
MES PROPOSITIONS POUR UNE FRANCE PLUS LIBRE
1. Refonder la démocratie
Pour débloquer les institutions, lutter contre l'irresponsabilité et la corruption, redonner aux Français le goût de la politique et la confiance dans leurs représentants, nous voulons réformer l'État et rétablir la séparation des pouvoirs.
• Renforcer le Parlement : nous voulons une assemblée représentative, élue au scrutin proportionnel, qui fixe librement son ordre du jour et retrouve ainsi les moyens de contrôler la dépense publique. Il faut mettre un terme à l’inflation législative et combattre la croyance selon laquelle les lois votées sont une réponse à tous les maux de la société.
• Rétablir l'indépendance de la justice, démultiplier son budget et consacrer les droits de la défense. Pour lutter contre la corruption qui mine notre démocratie, limiter la durée des mandats et leur cumul, instaurer l’inéligibilité à vie pour crime de “grande corruption”.
• Moderniser le syndicalisme : pour assainir la vie syndicale et renforcer la légitimité des partenaires sociaux, il faut abolir le monopole des cinq confédérations. Les syndicats doivent aussi publier leurs comptes afin d'instaurer un climat de confiance.
• Abroger le statut de la fonction publique : pour en finir avec les privilèges indus de quelques corps mais aussi pour une meilleure gestion des ressources humaines du secteur public, fondée sur le traitement individualisé et une vraie mobilité de carrière des fonctionnaires qui sont sous-payés.
• Défendre la liberté d'expression et de presse : c'est le bien le plus précieux d'une démocratie, elle doit être absolue et mieux protégée contre les abus du pouvoir politique et économique. Les grands groupes qui travaillent avec l'Etat ne doivent plus être des acteurs de l'information.
• Réinventer l'Europe : parce que l'Union Européenne est pour nous une évidence, nous souhaitons un nouveau projet de constitution, clair et lisible par tous, qui garantisse les libertés individuelles dans une Europe authentiquement démocratique et fédérale.
2. Construire la prospérité
La mondialisation est une chance. Les Français ont le talent et l'énergie nécessaires pour en profiter pleinement et retrouver le plein emploi. Le chômage et les déficits ne sont que les conséquences d'un État dirigiste et d'un excès de charges : libérons les énergies et les talents !
• Simplifier le code du travail : pour donner plus de liberté contractuelle entre salariés, employeurs et partenaires sociaux, nous voulons créer un cadre simplifié pour le contrat de travail. Le cumul de deux emplois, ou d'un emploi et d'une retraite, doit être autorisé.
• Moderniser la fiscalité : nous proposons un taux unique de l'impôt sur le revenu (flat tax), la suppression des niches fiscales, l'alignement sur nos voisins européens de l'impôt sur les sociétés et la suppression de l'ISF, comme la Suède vient de le décider.
• Libérer les PME du maquis législatif et réglementaire, des monopoles et des corporatismes qui bloquent leur développement, ainsi que leur potentiel considérable de création d'emplois et d'innovation. Créer un environnement favorable au capital-risque et aux “business angels”.
• Instaurer le salaire complet, par la fusion des charges patronales et du salaire brut. Ainsi, chaque salarié (qui verra son salaire net quasiment doubler dans la plupart des cas) saura enfin la valeur réelle de son travail et le poids des charges sociales qui pèsent sur son revenu.
• Libérer la sécurité sociale : l'ouverture du monopole aux mutuelles et assureurs privés permettra d'améliorer notre couverture médicale et fera baisser les cotisations. Ceux qui le souhaitent pourront aussi choisir de cotiser pour une retraite par capitalisation.
• Libérer l’aide sociale : la solidarité est une responsabilité de la société tout entière. Il convient donc de développer l’aide sociale en supprimant les entraves légales et fiscales qui empêchent aujourd’hui les fondations et les associations de prendre toute leur part dans cette mission.
3. Libérer la société
La démocratie ne vaut que par la liberté qu'elle offre à chaque citoyen de construire sa vie en faisant des choix et en les assumant. Le souci du législateur doit être d'élargir le champ des libertés dans la mesure du possible, et non de les restreindre.
• Libérer l'école, l’université et la recherche : suppression de la carte scolaire et du collège unique, autonomie des établissements, financement public des études grâce au chèque-éducation (l'argent suit les élèves), embauche directe des enseignants par les écoles, suppression du CNRS, privatisation des grandes écoles et liberté des université pour leur permettre de soutenir la concurrence internationale.
• Lutter contre la pollution : le combat pour l'environnement est porteur de progrès et de création de valeur, à condition de faire confiance aux hommes et à leur capacité d'innovation. Pour cela, la responsabilité de chacun doit être engagée. C'est le principe du “pollueur payeur”.
• Libérer le logement : pour dépasser la crise, il faut libérer le foncier, réserver les HLM aux personnes à faibles revenus (en dépolitisant le logement social qui est actuellement détourné au profit du clientélisme des élus), favoriser l'accession à la propriété et défendre les droits des bailleurs face aux mauvais payeurs afin de restaurer la confiance entre bailleurs et locataires.
• Assurer la sécurité des personnes et des biens : à force de se mêler de tout l’Etat n’assure plus sa tâche régalienne principale. Face à la montée de l’insécurité, il lui incombe de donner enfin à la police les moyens d’assurer ses missions. Dans cet esprit, les citoyens ne doivent plus être contrôlés sur la voie publique sans raison valable. Cette pratique qui n'apporte rien en terme de sécurité est la porte ouverte à toutes les dérives, à commencer par les contrôles “au faciès”.
• Libérer les transports : abolir le monopole des sociétés de transports publics pour démultiplier une offre qui réponde avec réactivité aux attentes du public, dans le respect de normes de sécurité et de qualité de haut niveau. Abolir les quotas de licences de taxis.
05.05.2007
Dimanche, j'ai un bon bouquin pour tuer le temps
Zut ! Il est déjà samedi et je ne suis plus autorisé à faire de la propagande politique.
Je lis le dernier post de mon camarade Edouard - qui connaît le libéralisme sur le bout des doigts - et qui, dans la grande tradition du libéralisme français (avant qu'il ne tombe dans l'ornière de la droite), analyse le débat du 3 mai en critiquant à la fois la candidate socialiste et le candidat conservateur (http://www.edouard-fillias.fr/).
A ce sujet épineux du positionnement des libéraux, j'ai fait jeudi une copie, pour une de nos candidates aux législatives, du volumineux ouvrage de Gustave de Molinari, Les Soirées de la rue Saint-Lazare, qui se présente sous la forme littéraire (lhéritage de Bastiat) d'un dialogue entre un socialiste, un conservateur et un économiste (libéral, nécessairement, puisqu'en 1849, les deux mots sont synonymes).
J'ai récupéré ce texte fondamental sur le site de référence de mon ami Hervé de Quengo, travailleur de l'ombre mais ô combien précieux du libéralisme français. Je vous invite à le découvrir ou à le redécouvrir à l'adresse suivante : http://herve.dequengo.free.fr/Molinari/SRSL/SRSL_0.htm
Férial Furon, la candidate en question, qui s'oppose courageusement à la "balkanisation" de Levallois (rien à voir avec Balkany, l'ami du maire de Neuilly : je vous l'assure je ne fais pas de politique. C'est interdit par nos princes), m'a demandé de donner une conférence intitulée "Le libéralisme est-il de droite ?" Après avoir relu Molinari, je me demande ce que j'ai vais bien pouvoir dire.
Bon, il faudra tout de même que j'aille voter dimanche pour compléter la formation civique de mes enfants qui ont la double nationalité franco-américaine (ça ne devrait pas être permis). Et comme, pour compliquer les choses, leur mère est américaine et bien qu'étant en France depuis 25 ans, elle n'a pas le droit de vote (elle n'avait qu'à devenir française, ça l'aurait rendue plus intelligente).
J'ai donc pris l'habitude, à chaque élection, de lui donner mon vote (ce qui n'est pas un grand sacrifice car nous tombons toujours d'accord) et je me demande qui elle va bien pouvoir choisir.
Selon les dernières estimations de notre IFOP familial et compte tenu du fait que les Américains dans leurs universités libres apprennent à penser par eux-mêmes, il serait étonnant qu'elle souscrive à nos traditions machistes et notamment la plus archaïque d'entre elles : la loi salique.
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23.04.2007
Pourquoi je ne voterai pas Sarkozy (3)
Monsieur Sarkozy qui faisait, ce soir, assaut d'amabilité envers Madame Royal (un conseil du dircom ou une confirmation de l'alliance entre les conservateurs et les socialistes que nous dénonçons avec Bayrou), croit avoir reçu avec ses 30% (qui annoncent sa défaite au second tour, car le vote Bayrou ne lui appartient pas) le permis d'en finir, entre autres, avec Alternative libérale.
J'en vois beaucoup, hélas, dans nos rangs se réjouir de la défaite de celui que nous avons soutenu - au seul motif que la plupart de leurs collègues votent pour lui dans quelque "entreprise" où l'on croit (comme Marx démentis par les marginalistes) à la "valeur travail" (qui est au fondement de la subversion socialiste, d'où sa défense par Royal et Sarkozy).
Que ceux qui se croyant libéraux parce qu'il ont lu Montesquieu (qui était conservateur) ou deux lignes d'Hayek qui - faut-il le rappeler ? - a écrit "Why I am not a conservative", sachent que, quelles que soient les consignes du parti nous sommes plusieurs candidats aux législatives - et non des moindres, et non des moins combatifs sur le terrain et sur le plan des fondamentaux du libéralisme - qui croyons à cette valeur fondamentale de la politique et de la vie sociale en général : la fidélité.
Je ne suis ni socialiste ni conservateur. Comme Bastiat, mon maître, je dénonce l'alliance protectionniste de ces deux courants. Bien que ne partageant pas cette culture libérale, François Bayrou qui décidemment incarne une force qui va bien au-delà de la traditionnelle démocratie-chrétienne a compris qu'il fallait lutter contre ce duopole.
Je salue son intuition, je souscris à son discours et j'invite nos "camarades" candidats à résister sur le terrain aux "UDF" qui "vont à la soupe" sarkoziste et qui ne sont pas à la hauteur du discours de leur candidat à la présidentielle.



