11.09.2007

L’Education doit-elle devenir un nouveau domaine réservé du Président de la République ?

 

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Nos caricaturistes aiment à croquer M. Sarkozy en Napoléon Ier. Certes le trait est exagéré mais il est parfois des occasions où le Président prête ouvertement le flanc au jeu des ressemblances.

 

Ainsi en s’adressant directement aux enseignants M. Sarkozy prend une initiative sans précédent depuis l’Empire. En effet, lorsque Guizot, dans les années 1830 et Jules Ferry, dans les années 1880, écrivirent aux enseignants, ce n’était pas en tant que chefs de l’exécutif mais en tant que ministres de l’Instruction publique.

 

De plus en interpellant les « éducateurs », plutôt que les enseignants, le Président se réfère implicitement à la tradition autoritaire et monopolistique incarnée par l’Université impériale et non à la tradition législatrice républicaine dominée par les grandes figures libérales que furent Condorcet et Daunou sous la Révolution et Laboulaye sous la IIIe République. Ces derniers  mettaient l’accent sur l’instruction plutôt que sur l’éducation (qui relève du domaine privé) et encourageaient la liberté de l’enseignement comme garde-fou à l’intervention de l’Etat.

Les libéraux ne peuvent que partager les critiques du Président à l’égard du relativisme culturel mais l’universalisme libéral ne va pas jusqu’à dissimuler une centralisation administrative qui n’appartient qu’à la France et plonge fatalement notre enseignement dans un marasme, et ceci quelles que soient les méthodes pédagogiques employées.

Au milieu de nombreuses formules que l’on dit brillantes mais qui passeront pour des truismes aux yeux de ceux qui sont confrontés quotidiennement aux nécessités de l’enseignement, M. Sarkozy affiche le souci, au demeurant légitime, de restaurer l’autorité du maître et de replacer l’élève au cœur du système scolaire.

Mais comment fonder l’autorité du maître si l’autorité de la mère et du père de famille est entamée ?  Croire que cette autorité est victime d’un relâchement des mœurs consécutif aux évènements de mai 68 dissimule mal les atteintes que le dirigisme de l’Etat lui porte.

On ne pourra replacer l’élève au cœur du système tant que les familles qui en ont la tutelle n’auront pas retrouvé leur liberté de choix. Les quelques dérogations à la carte scolaire — qui favorisent les initiés et n’a aucun sens en milieu rural ― ne restituent pas aux famille ce qui devrait être considéré comme un droit imprescriptible.

Afin de véritablement rétablir l’autorité, de replacer l’élève au centre de l’école et de développer l’autonomie, Alternative Libérale propose de décentraliser l’Education nationale de la façon la plus sûre qui soit, c’est-à-dire en rendant aux familles la possibilité de s’adresser à l’établissement de son choix.

C’est le principe du « chèque éducation ». Sous réserve que leur enfant soit accepté, chaque famille pourrait attribuer à l'établissement le « bon scolaire » qui lui est octroyé pour chaque enfant. Ce bon permettrait à l’école de percevoir un financement public.

Dans le domaine de l’éducation comme dans d’autres, seule la liberté permettra de réintroduire une émulation, une concurrence non entravée qui sera de nature à impulser la « Renaissance » que le Président appelle de ses vœux.

Commentaires

Excellent Michel, et content de te lire
je reviendrais demain enfin , il est déjà très tard et je n'ais pas fini mon boulot
librement

Ecrit par : ALAN DE BX | 12.09.2007

Michel Leter ferait mieux de lire Ron Paul au sujet du "chèque éducation":
http://www.lewrockwell.com/paul/paul132.html

Ecrit par : Inconnu | 13.09.2007

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