18.04.2007

Pourquoi je ne voterai pas Sarkozy

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M. Sarkozy passe pour libéral. On somme donc bruyamment les libéraux de voter pour le candidat de l'UMP.

Mais M. Sarkozy qui, lorsqu'il se pique de philosophie, ne trouve pas mieux d'avancer, contre l'empirisme des lumières, qu'on naît pédophile ou suicidaire, devrait au moins se ranger à un argument : on ne naît pas libéral : il en est la preuve !

La philosophie libérale française, depuis Condorcet, met en avant l'éducabilité et la perfectibilité, ce qui suppose la patience et l'amour, autant de vertus que le néo-bonapartisme pratiqué par M. Sarkozy s'entête à ruiner. Les démocraties libérales sont les fruits d'un long apprentissage, non d'une fatalité.

 

M. Sarkozy passe pour atlantiste, exhibant pour tout brevet la photographie retouchée d'une poignée de main avec le Président des Etats-Unis. Fasciné par la seule hyper-puissance de l'Amérique, M. Sarkozy a-t-il pris le temps de se recueillir devant la statue de la liberté ? S'est-il souvenu que ce sont les libéraux français qui ont offert la liberté à l'Amérique : La Fayette d'abord et ensuite Edouard Laboulaye qui lança la souscription de la fameuse statue réalisée par Auguste Bartholdi. On imagine mal aujourd'hui les rentiers de la politique et les artistes français subventionnés susciter un tel élan de bienfaisance à l'égard de "la grande république" américaine.

 

Cette tradition libérale française plonge ses racines dans la Révolution légale de 1789 fondée sur les principes d'abolition des privilèges et d'égalité devant la loi. C'est elle qui garantit la seule souveraineté réelle, celle de l'individu. C'est elle qui incarne  la nation, union politique des spoliés contre les spoliateurs. M.Sarkozy, en proposant son ministère de l'identité nationale et de l'immigration montre qu'il est prêt à sacrifier les principes fondateurs de la nation au profit des contingences électorales de l'heure. La France d'après est amnésique.

 

La liberté, au pays de Montesquieu, est garantie par la séparation des pouvoirs. Or que fait Monsieur Sarkozy dès son arrivée place Beauvau? Il empiète en permanence sur le territoire de son pauvre collègue Pascal Clément, tonne contre les décisions des magistrats, annonce des châtiments terribles. Que fait-il lorsqu'il revient place Beauvau ? Il affirme avec son cynisme candide et fébrile habituel qu'il revient s'occuper de ses affaires personnelles, se défendre comme numéro 2 contre les coups tordus du numéro 1. Et de se faire aussitôt remettre son propre dossier... Vive la liberté d'utiliser l'Etat à sa guise...

 

La liberté, au pays de Voltaire, c'est veiller à la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Tout le monde le pensait jusqu'à...Monsieur Sarkozy. Pour l’ami de Doc gynéco et Bernard Tapie, entre deux ouvrages écrits avec un membre de l'épiscopat sur la transcendance, il n’y a rien de plus urgent que de financer, via le contribuable, les mosquées dans les quartiers difficiles, là où lui même ne parvient pas à représenter ni l'Etat, ni même l’UMP.

 

La liberté, au pays de Diderot et Hugo, c'est bien évidemment la liberté d'expression, ce qui implique à la fois une vraie diversité dans le domaine culturel (le livre, la presse, l'image) et la plus grande indépendance possible entre les productions de l’esprit, les  puissances de l'argent et le gouvernement du pays : là aussi, séparation des pouvoirs ! C'est une évidence ? Plus depuis Monsieur Sarkozy. Comme l'a dénoncé le premier Francois Bayrou, ce sont ses amis et non de vagues relations qui dirigent des empires de presse, des chaînes de télévision et pas les plus confidentielles, tout en ayant la haute main sur des pans gigantesques de l'industrie... Le moins que l'on puisse dire c'est que les lecteurs et spectateurs payent tous les jours pour le voir !

D'ores et déjà la complaisance de ces quasi monopoles a de quoi faire sourire, au pays de Zola, ceux quelle ne fait pas encore frémir. Les doigts du premier flic de France claquent et les reportages se succèdent sur le bonheur conjugal, les doigts du grand argentier claquent et les têtes tombent de ceux qui ont cru, les naïfs, pouvoir aussi traiter des infortunes ... Et Monsieur Sarkozy n'était que numéro 2, pas encore tout là-haut ! Quand on se représente mentalement, sur les affiches de l'UMP, à côté du visage de Monsieur Sarkozy ceux des grands patrons-grands amis, tout à coup le slogan jusqu'alors le plus plat de la campagne retrouve son relief : ensemble, tout devient possible !...

Lorsque l'esprit de la police devient la police de l’esprit ; lorsque la servilité devant les puissances se conjugue avec la hargne contre les récalcitrants (n’est-ce pas Azouz Begag ?, n'est ce pas Lilian Thuram ?) et les ricanements démagogiques devant le savoir (a quoi sert la Princesse de Clèves ?), on voit bien que la France qui excite l'énergie de Monsieur Sarkozy n’est certes pas la France des lumières.

 

Cette invraisemblable fin de campagne le confirme avec un éclat sinistre  faut-il bien peu aimer la liberté pour souffleter Simone Veil avec un ministère de l'identité nationale, faut-il bien peu aimer la liberté pour estimer que les pédophiles le sont déjà dans le ventre de leur mère, les délinquants à la crèche, sans compter les adolescents suicidaires qui rêvaient d'en finir dès le temps des premiers biberons...

 

La France ne possède qu'une réplique de la statue de la liberté mais cela ne signifie pas qu'elle soit éternellement condamnée à être privée des libertés individuelles, civiles, sociales et politique dont jouissent les Américains et les autres peuples de l'Union européenne. La France mérite une nouvelle donne politique, pour une égale représentation, une justice indépendante, un débat démocratique ouvert. Les réformes économiques attendues seront la conséquence de cette décrispation : sans elle, le dialogue social restera stérile.

 

Etre libéral, est-ce soutenir l’homme qui emprunte pour sa campagne les mots du dernier commissaire au plan, qui bâillonne les libéraux de son entourage, qui propose chaque jour de nouvelles sécurités et si peu d’horizon ? La France n'a pas besoin d'un nouveau Bonaparte, encore moins de sa caricature mais d'une Révolution légale. La France a besoin de l'alliance des partis démocrates et libéraux qui ont ouvert la voie de la nouvelle Europe. « Le premier devoir d'un citoyen c'est de demander la liberté lorsqu'il ne l'a pas. Son second devoir c'est d'en user quand il l'a », disait Edouard Laboulaye après avoir offert la fameuse statue à l'Amérique. Puisque nous disposons encore de la liberté de vote, choisissons François Bayrou : la voix de la France contre celle de son maître.

 

Commentaires

Cher Monsieur,

Etant moi-même libéral, je ne puis souscrire à votre généalogie du libéralisme.
La description de l'idéologie des Lumières que vous donnez est destinée à la biliothèque rose des instituteurs républicains. Lisez donc les ouvrages de Xavier Martin, et notamment "Nature Humaine et Révolution": vous y verrez que d'emblée l'idéologie des lumières était fortement utopique et méprisait l'homme, et que sa mise en oeuvre postulait un régime totalitaire.
La révolution fut d'emblée, dès avant le 14 juillet 1789, un processus terorriste, qui ne pouvait s'affirmer que par l'élimination physique de ses opposants.
Pas de surprise donc si le régime que vous chérissez tant produisit le premier génocide de l'histoire contemporaine avec le massacre systématiquement planifié des vieillards, femmes et enfants la Vendée (118 000 morts). Vos généreux philantropes, pilotés par Carnot, avaient même étudié l'emploi éventuel de chambres à gaz. C'est dire s'ils étaient en avance sur leur temps.
Pour moi, mais je peux me tromper, cela n'a rien à voir avec le libéralisme.

Ecrit par : furgole | 18.04.2007

Votez pour qui vous souhaitez, sachez au moins que nombre de libéraux sont orphelins de candidats réellement représentant du courant libéral.

Monsieur, permettez moi de vous dire que si vous votez F. Bayrou. Il y a un problème.

Ou vous n'avez pas lu son programmes, ou vous n'êtes pas un libéral tout simplement.

Ecrit par : Seb | 18.04.2007

En l'absence de tout candidat libéral au premier tour de cette élection présidentielle, je me suis néanmoins résolu à voter pour Sarko. Tout en sachant très bien qu'il s'agit d'un conservateur pur sucre et en me bouchant les oreilles sur ses dernières allégations de fin de campagne, je considère que son programme économique est le moins stupide des trois. En outre, il est le seul à ne pas s'être engoufré dans la course à l'échalotte de la réforme des institutions, dernier cache misère inventé par Royal et Bayrou et chargé de faire oublier, pour l'une son incompétence totale, pour l'autre sa future majorité fantôme, qui nous condamnera à 5 ans de cohabitation et de recherche du plus dénominateur commun entre des gens irréconciliables.

Ecrit par : Stephane | 18.04.2007

Tout ce raisonnement pour appeler a voter Bayrou : quelle chute

Ecrit par : Marc | 18.04.2007

Bravo Michel ! Bien dit !

Ecrit par : Edouard | 18.04.2007

Bravo Michel ! Bien dit !

Ecrit par : Edouard | 18.04.2007

Bravo Michel ! Bien dit !

Ecrit par : Edouard | 18.04.2007

Un peu de sérieux, SVP. Ne conviendrait-il pas de brider un peu votre enthousiasme effréné?

Le monde ne cessera pas de tourner au soir du premier tour. Nous devons veiller à préserver la crédibilité d'AL au delà de ces élections. Quelquesoit ses résultats.

Il existe d'excellentes raisons stratégiques pour AL de soutenir Bayrou. Cette surrenchère dans le style de la chasse aux sorcières ne sied pas aux libéraux. Il convient de laisser aux crypto-marxistes et à Le Pen l'usage de certaines associations d'idées démagos et de certains arguments en dessous de la ceinture.

Amicalement !

Ecrit par : Bigstop | 18.04.2007

Oui Michel ! Je suis déjà suffisamment déçu que cette élection ne donne la voix a aucun candidat libéral, contre 5 ou 6 antilibéraux,
ce n'est pas pour tomber dans les bras d'une droite autoritaire.

Ecrit par : Jérôme | 18.04.2007

Bravo Michel !

Il est temps d'ouvrir les yeux sarkozy n'amènera pas le libéralisme en France. C'est un étatique et avide de pouvoir.

Il faut voir comment il a mise sous silence des opposants politiques lors de son passage à Chateau-Neuf-du-Pape ce week-end.

Comment peut on être libéral et fermer les yeux sur de tels agissements ?

Ecrit par : Ludovic | 18.04.2007

Pour tous ceux qui prendraient Bayrou pour un libéral: l'intéressé veut élargir la police de la pensée en étendant le champ d'application de la loi Gayssot, pour y intégrer toute critique de l'islam.
Fameux libéral que celui-là !!!!!

Ecrit par : furgole | 18.04.2007

Quel plaidoyer contre Sarkozy auquel je souscris pleinement. Mais quel rapport avec la conclusion selon laquelle il importe de voter Bayrou. Il n'y aurait pas d'autres raisons de le faire qui seraient bonnes à exprimer ?

Tout simplement par le fait que Bayrou est encore plus l'ennemi du libéralisme que pourrait l'être Sarkozy. Si ce ralliement des dirigeants d'AL n'était que de faire parler d'eux, c'est réussi. Ils viennent d'en finir avec tous les espoirs des libéraux d'entrer en politique avec ce "parti". Ils viennent de tuer AL.

Votez pour Bayrou si vous voulez, mais n'essayez pas de nous faire croire à des raisons libérales pour cela, votre article montre que vous n'en avez aucune.

Ecrit par : Libéralisateur | 18.04.2007

Si qqun vous a "sommé" de voter pour Sarkozy, je comprend que cela ne vous plaise pas.

Mais n'est-ce pas plutôt la direction d'AL qui a sommé les libéraux de voter Bayrou ?

Ecrit par : Albert LI | 18.04.2007

Bravo Michel !

Comme tu le sais, bien avant sa percée dans les sondages, au moment où je perdais l'espoir qu'Edouard ait ses signatures, j'ai compris que je voterai pour Bayrou.

Lorsque le Codir a annoncé son choix de le soutenir, tu ne peux imaginer mon soulagement.

C'est le seul aujourd'hui qui incarne l'élan vers une démocratie moderne, vers une évolution de nos mentalités, vers un renouveau.

Il nous ouvre des portes qui permettront à "notre" libéralisme de s'épanouir.

J'en suis intimement persuadée !...

Férial

Ecrit par : Ferial Furon | 18.04.2007

Nicolas Sarkozy représente notre seule lueur d'espoir comme le démontre également THE ECONOMIST qui vote sans ambiguïté et faute de mieux pour l'énergique patron de l'UMP...Ce dernier peut également compter sur le soutien massif des Français de l'étranger (dont je fais partie) qui ont fait leur choix . Certes, il n'est pas un libéral authentique (Hélas !) mais cessons de couper les cheveux en quatre et agissons dans l'intérêt de notre pays. Bayrou a clairement basculé à gauche et sera partie prenante d'une grande coalition anti-Sarko entre les deux tours en s'associant aux Buffet, Bové, Autain, Besancenot, Laguiller et autres...: Quelles perspectives réjouissantes !!! De quoi faire réfléchir certains... ! À tous nos amis libéraux, démocrates chrétiens et de centre droit... Au premier tour: «Think twice Vote once» !

Ecrit par : Bruno P-V | 19.04.2007

"Mon" libéralisme n'est manifestement pas "celui" du Codir !

Mais jamais je n'échangerais deux barils de "leur" libéralisme contre un seul du mien !

Qu'est-ce qu'une "démocratie moderne" ? Pour moi la démocratie n'existe que lorsqu'elle permet à des êtres libres de se prononcer sur ce qu'ils désirent mettre en commun. Non pas pour permettre à un plus grand nombre de réduire en "quasi-esclavage" une minorité.

Une dernière chose que j'ai du mal à comprendre : Pourquoi certains, plutôt que d'adhérer à l'UDF tout simplement tant ils semblent convaincus de ses valeurs, entendent-ils s'accaparer le vocable de libéralisme (car son concept n'est de toutes les façons pas là) pour les "aider" à s'intégrer à ce jeu étatique ?

Ecrit par : Libéralisateur | 19.04.2007

Ce qui me semble important dans le texte de Michel, c'est de rappeler que les libéraux qui voient en Sarkozy une porte de sortie se mettent le doigt dans l'oeil.

Bayrou est clairement non libéral. Mais s'il passe, il s'ouvrira une véritable fenêtre d'opportunité avec le foutoir qui va naître (explosions au PS et à l'UMP, ralliement dans un parti démocrate, ...) dans laquelle AL s'empressera de s'angouffrer. Si l'UMPS gagne (ce qui est quand même probable), la lutte va être beaucoup plus longue et fastidieuse.

Je ne pense donc pas qu'il faut voir dans le soutien de Bayrou autre chose qu'un coup tactique, et certainement pas une envie de ralliement à l'UDF.

Ecrit par : julito | 19.04.2007

Ok, Julito on est bien d'accord !

Sauf que pour moi, Bayrou est un faux-nez du système qui nous abuse quand il dit que grâce à lui, l'UMPS va craquer !

A tant que de tenter un "coup tactique", je pense que cette mise à bas du système et recomposition de la classe politique pourrait bien mieux se faire avec un vote Le Pen. Mais la "bienpensance" vous interdit de rallier vous aussi tous les français qui vont le faire spontanément et qui ne comptent pas sur Bayrou pour arriver à ce résultat.

Si tous les vrais libéraux voulaient bien s'émanciper du "politiquement correct" imposé, c'est sûr que dès la mi-mai cette recomposition aurait lieu avec certitude. Il sent tellement la "m..." le bulletin de vote Le Pen ? Qui cela dérange si ce n'est cette intelligentsia qui nous abuse depuis trop longtemps.

Ecrit par : Libéralisateur | 19.04.2007

Pourquoi pas Le Pen, donc ?
Parce cela a déjà été tenté, et l'on a vu à quel point c'était efficace en 2002 : Chirac élu à 82%. Le système triomphe, porté par une belle unité contre le "mal absolu" (prétendent-ils).
En revanche, la "révolution légale" a bien plus de chance de fonctionner (même ce n'est pas garanti, évidemment) : 50% de proportionnelle aux législatives, ce n'est que la moitié du chemin à parcourir, mais cela donné déjà un peu d'air, par exemple. Jean-Marie Le Pen propose la proportionnelle intégrale, certes ; mais avec quelle chance d'être en position de l'appliquer ?

Ecrit par : Matthieu | 19.04.2007

En 2002, il y a eu 3 "leçons" :

- En 2007, Le Pen lui-même ne sera pas pris au dépourvu et il fera une vraie campagne entre les deux tours et les français exigeront un débat entre les 2 candidats.

- Chirac a pu faire le "coup" du mépris une fois. Les français ne se laisseront pas faire une deuxième fois et surtout si c'est une constante de voir Le Pen au 2ème tour.

- Une grande majorité de français de "gauche" comme de "droite" pensent, 5 ans après, que s'ils avaient votés Le Pen au lieu de Chirac, cela aurait peut-être été mieux.

Alors !

Ecrit par : Libéralisateur | 19.04.2007

Les libéraux - surtout, ou avant tout, - en France ont eu tant de mal à se débarrasser de cette l'étiquette de "fachos" dont on les affublait. Et voila que certains "libéraux" viennent nous expliquer que Le Pen est un libéral, qu'il faut voter pour lui pour changer les choses. C'est vrai que la France a besoin d'un changement radical, mais je pense que ce n'est pas moins vrai en ce qui concerne les libéraux dans ce pays. En tout cas, je me reconnais davantage dans le libéralisme que défendent Michel Leter, Sabine Herold, Férial Furon et d'autres que dans celui des "vieux" libéraux. Le libéralisme en France se passerait bien de ce genre de racaille parmi ses rangs.

Ecrit par : Neel | 19.04.2007

Les libéraux - surtout, ou avant tout, - en France ont eu tant de mal à se débarrasser de cette l'étiquette de "fachos" dont on les affublait. Et voila que certains "libéraux" viennent nous expliquer que Le Pen est un libéral, qu'il faut voter pour lui pour changer les choses. C'est vrai que la France a besoin d'un changement radical, mais je pense que ce n'est pas moins vrai en ce qui concerne les libéraux dans ce pays. En tout cas, je me reconnais davantage dans le libéralisme que défendent Michel Leter, Sabine Herold, Férial Furon et d'autres que dans celui des "vieux" libéraux.

Ecrit par : Neel | 19.04.2007

Pour illustrer ce que je viens de dire (comment certains nuisent au libéralisme en véhiculant des idées nauséabondes), un article du Monde :

L'eugénisme au service du libéralisme, par Jacques Testart
LE MONDE | 18.04.07 | 13h49 • Mis à jour le 18.04.07 | 16h54





Avant de s'illustrer récemment dans la rubrique "eugénisme" en affirmant le caractère inné de certains troubles de conduite, Nicolas Sarkozy affichait son ostracisme à l'égard des immigrés. Pourtant, ce serait une erreur de croire que Sarkozy est d'abord raciste, il est viscéralement ultra-libéral. Là où les attardés de la France profonde s'entêtent à séparer le bon sang du sang étranger, Sarkozy, porte-parole de la "droite décomplexée", ne juge les hommes que par leur utilité. Sa loi relative à l'immigration et à l'intégration promulgue l'étiquetage de produits humains venus d'ailleurs, parce qu'il est de bonne pratique économique de qualifier les ingrédients de la machine à produire, afin de valider la planification pour obtenir la compétitivité.



De même, l'égalité des chances et la discrimination positive induiront davantage de concurrence entre de nombreux postulants à l'exploitation, et la carte de séjour temporaire indiquant la raison retenue pour importer chaque étranger est une façon enfin sérieuse de gérer le capital humain : les scientifiques ou footballeurs acceptés à l'import dans la case "compétences et talents" mériteront bien une carte de trois ans renouvelable "pour le développement et le rayonnement de la France".

Bien sûr, la stratégie de prise du pouvoir peut aussi amener à faire plaisir aux électeurs sensibles à la démagogie anti-immigrés. Mais ces concessions tactiques cachent la philosophie de libre concurrence qui fonde le projet de société de Sarkozy. Car, au-delà des niaiseries racistes, les carences innées ou acquises sont à risque économique si elles créent des handicaps ou des dysfonctionnements qui entravent la compétitivité.

Finies les sottises criminelles en vogue au siècle dernier sous le nom d'eugénisme. Les tolérances de Sarkozy pour les communautarismes religieux montrent qu'il ne hiérarchise pas les héritages culturels. Et si les femmes sont encore moins bien rétribuées que les hommes, c'est la rançon de pesanteurs historiques aujourd'hui indéfendables.

Ainsi, l'ultralibéral accepte l'égalité biologique entre catégories humaines parce qu'elle multiplie les occasions compétitives en jetant dans le même sac (le même marché) tous les sexes, races, origines. En revanche, la proclamation d'inégalités innées entre individus d'une même catégorie permet de justifier les échecs, malgré tous les efforts d'un pouvoir bienveillant et démocratique...

C'est une des pesanteurs de la social-démocratie que de fonctionner avec le même moteur libéral et le même carburant scientiste que le capitalisme, mais sans avoir ni le goût ni l'audace d'assumer les exclusions...

Par là s'explique peut-être la relative passivité qui a accueilli les propos récents de Nicolas Sarkozy sur le caractère inné de certains comportements. Des responsables politiques de gauche se sont débarrassés du vilain bébé eugénique en le remettant aux scientifiques. Comme si l'enjeu était de démontrer une vérité définitive plutôt qu'affirmer des convictions pour une société capable de gérer humainement les différences.

Grâce à la science on pourra faire mieux dans l'identification et la sélection. Selon le souhait du gouvernement où siégeait Sarkozy on pourrait connecter ensemble tous les fichiers informatisés pour accéder à des éléments de la vie privée que le travailleur ou le chômeur auraient préféré dissimuler. Mais voilà que l'informatique se marie avec la génétique : Google veut créer une base de données qui mettrait en ligne toute l'information disponible sur les génomes pour l'avènement de "la médecine personnalisée", laquelle permettrait à chacun de gérer son existence en fonction de son capital génétique... et aussi à chaque employeur d'évaluer "scientifiquement" son personnel.

"IMMIGRATION CHOISIE"

Nous n'en sommes qu'à l'"immigration choisie" mais, comme prévu il y a un demi-siècle par le généticien progressiste Hermann Muller (Prix Nobel en 1946), "l'eugénisme de la société future, libéré des traditions de caste, d'esclavage, de colonisation, pourra être une eugénique véritable et radicale". Comme à Singapour où on récompense le mariage entre diplômés aussi bien que la stérilité des couples sans diplômes. Comme en Europe où, encore récemment, la stérilisation forcée ne visait pas tant la dissémination d'une "tare génétique" que l'incapacité du porteur à "assurer la subsistance de ceux qu'il pourrait engendrer".

Le philosophe américain Peter Singer a tiré profit des récentes connaissances génétiques : puisqu'il y aurait davantage de différences entre le génome d'un trisomique et celui d'un homme "normal" qu'entre le génome du même homme et celui d'un chimpanzé, il faudrait utiliser des "mongoliens" plutôt que des singes dans l'expérimentation... Le futur des hommes sans qualités s'illumine avec les propositions des "transhumanistes" pour enrichir le corps humain en nanoprocesseurs afin d'"optimiser" les performances du muscle ou du cerveau.

Le message d'Hermann Muller est en bonne voie pourvu qu'on ne perçoive pas l'eugénisme par la lunette étroite du racisme ou de l'antisémitisme : dès qu'on saura produire les oeufs humains en abondance et sans instrumentaliser les femmes, le tri des pontes au laboratoire sera intensifié pour la sélection du meilleur bébé possible. Cette mise en compétition de leurs embryons permettra à chaque couple, et hors de toute suspicion de racisme, de remplir efficacement la case sarkozienne "compétences et talents"... avec confirmation grâce à des tests pratiqués dès l'âge de 3 ans.

La "cérémonie d'accueil dans la citoyenneté", baptême tardif aujourd'hui exigé pour les immigrés élus, fera alors place au combien plus précoce et scientifique Diagnostic génétique préimplantatoire (DPI), concours médical d'entrée dans la jungle compétitive. Et ce tri biologique promettra encore l'égalité des chances pour tous les géniteurs, quelle que soit leur origine.

Décidément, le libéralisme économique est bien l'ennemi de l'humanisme, et le scientisme est toujours son allié.

Jacques Testart est directeur de recherches à l'Inserm.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-897853,0.html


Bravo ! Il faut encore tout recommencer.

Ecrit par : Neel | 20.04.2007

Après le "vol" du mot liberal par les socialistes américains, c'est maintenant aux "socialistes" français d'AL de s'accaparer ce qualificatif.

Pour lutter contre cet étatisme racoleur, il importe ici comme là-bas de se réclamer d'être libertarien pour y défendre les idées libérale en France. Et contre vos "libéraux" progressistes que vous citez à juste tître, j'oppose et j'adhère à ceux qui, comme Caccomo, Salin et autres Garello défendent les vrais valeurs libérales qui existent et sans avoir pris une seule ride, depuis des siècles.

Un "vieux" libéral qui vous souhaite de vous épanouir dans la société que vous revendiquez.

Ecrit par : Libéralisateur | 20.04.2007

M'enfin Libéralisateur, vous blaguez sans doute ? Vous citez Jacques Garello et Pascal Salin comme cautions ? J'ai été étudiant de Jacques Garello et je lui dois TOUT mon parcours universitaire (je suis d'Aix, en passant). Alors, pensez-vous, je le connais bien depuis au moins 12 ans, et il n'a rien de nationaliste, n'est pas en faveur du protectionnisme, etc.

Quant à Pascal Salin que j'ai rencontré et écouté assez souvent, et surtout lu, si vous croyez qu'il souscrit aux idées que vous défendez, vous vous trompez lourdement, et surtout vous lui faites une mauvaise publicité. Tenez, un petit paragraphe de Salin : " "La France tu l'aimes ou tu la quittes". Cette métaphore organiciste démontre à quel point le cerveau de celui qui l'énonce est destructuré. Au lieu d'éclairer les phénomènes d'immigration ou d'émigration elle les obscurcit."

Alors, SVP, ne vous revendiquez pas de ces professeurs éminents dont les idées sont aux antipodes de celles que vous défendez. Garello et Salin sont tous deux disciples de Hayek, celui qui a écrit la Route de la Servitude, la plus puissante dénonciation des totalitarismes de toutes formes, nationalisme, socialisme, etc. L'Université d'Eté que dirige Jacques Garello aura pour thème pour la mondialisation. Alors lui nationaliste, vous pensez.

A l'instar d'autres, Jacques Garello et Pascal Salin ont beaucoup fait pour introduire, vulgariser, diffuser les idées libérales, et on peut les remercier. Mais, force est de constater que la traduction politique des idées libérales a échoué. Echoué au point de ne pas avoir un seul candidat aux élections présidentielles qui se revendique des idées libérales. La stratégie politique est un échec.

Alors, laissez ces jeunes développer leur propre stratégie, tenter de nouvelles choses. Ils commetront des erreurs sans doute, et alors ? Qui n'en commet pas ? Pour ma part, je leur souhaite bon courage.

Cessez de dire que c'est vous qui incarnez le "vrai" libéralisme, cessez de leur dire de devenir membre de l'UDF (en passant, pourquoi ne devenez-vous pas membre du FN). En un mot, laissez-les LIBRES !

On le sait tous qu'il n'y a pas de candidat libéral aux élections. Alors, un tel peut trouver des mesures libérales chez Le Pen (comme vous), et même chez Besancenot. Alain Madelin le disait fort bien dans son entretien au Monde : quand Besancenot propose demande la suppression des aides aux entreprises, il est libéral. C'est pas pour autant qu'on va dire que Besancenot est libéral et qu'on va chanter l'International. Et, contrairement à vous qui dites que Le Pen est libéral parce queson programme inclut quelques mesures libérales, les jeunes, eux, n'ont certainement pas dit que "Bayrou est libéral". C'est toute la différence.

Vous savez quoi, Libéralisateur ? Je tremble pour la réputation du libéralisme quand je vois des gens comme vous parler en son nom.

Cordialement.

Ecrit par : Neel | 20.04.2007

Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Je n'ai pour ma part jamais ni défendu ni le nationalisme ni le protectionnisme et vous le savez. Le vote Le Pen n'est que tactique pour rejeter tous les autres et Bayrou en premier.

Car j'en appelle à la "recomposition" du système politqiue français en disqualifiant tous les acteurs de ces trentes dernières années. Et Le Pen Président de la République ce n'est qu'un homme, mais un peu plus homme que certains que vous ralliez.

Par contre redescendez sur terre et confrontez ce que vous défendez comme projet de société dans AL avec ce que vous a enseigné Garello et vous verrez que votre "devoir" va être noté hors sujet. Cela ne vous gêne-t-il pas aux entournures que tous ceux qui professent le libéralisme ne vous suivent plus du tout.

A 20 ans on peut être idéaliste, mais à 30 ans on devrait un peu mieux connaître la vie. Si la "traduction" de ce que voulait Bastiat, Hayek et Salin et d'autres n'est pas traduit dans la vie économique et sociale pour le moment ce n'est pas par suite d'un échec comme vous le dites, mais parceque les forces étatiques et conservatrices en France sont encore trop puissantes. Et je suis sûr que les français et avant qu'on leur enlève le pouvoir de s'exprimer dans un vote comme le prévoyait le TCE, vont "claquer" cette classe politique.

Et je vais vous dire pourquoi : Parce que c'est advenu partout dans le monde libre et que c'est une loi naturelle de la vie en société que de redonner la primeur à l'individu contre le collectivisme aliènant d'une nomenklatura. Et cela va se traduire par moins d'Etat, immanquablement et ce n'est pas le vrai cheval de bataille ni d'AL et encore moins de son Chevalier Blanc Bayrou.

Ecrit par : Libéralisateur | 20.04.2007

J ai du mal a comprendre pourquoi des personnes qui sont d'accord sur l'essentiel ont besoin de s'identifier a d'autres (Bayrou, Le Pen, Sarko, Kouchner ..) qui sont en fait tous plus éloignés d'eux que ceux avec qui ils se disputent

Ecrit par : Marc | 20.04.2007

ou avez vous vu que ces personnes "grands libéraux" ne nous suivraient pas ? salin, lemmenicier et d'autres oeuvrent avec AL : ce qui ne veut pas dire qu'ils soutiennent tous bayrou, mais bon.

Ecrit par : Jacques | 20.04.2007

@ marc,

Avec le scrutin de dimanche on a 2 attitudes possibles, soit sans candidat, n'en soutenir aucun autre soit d'en soutenir un et le ralliement à Bayrou de la part du Codir d'AL est de ceux-là.

Dans tous les cas soutenir explicitement un candidat ne veut pas forcément adhérer à ses idées ou a un programme qui ne pourra valablement d'être débattu (et encore) qu'aux 3ème et 4ème tours.

N'en pas soutenir, c'est de penser qu'aucun d'eux ne sera un Président propre à changer notre société. Voter pour l'un d'entre eux c'est lui reconnaître une volonté et une capacité à donner à notre société un "tour" que l'on souhaite voir prendre à la France.

En ce qui me concerne, comme beaucoup de ceux qui viennent de quitter AL, c'est que non seulement l'on voit mal - malgré les explications divergentes - ce que Bayrou Président va apporter en terme de clarté pour départager ou faire travailler des partis non seulement qui sont très proches, mais que 55 % des français ont désavoués en mai 2005.

C'est donc un faux problème ou une fausse solution à un vrai problème. Or AL devait attendre explicitement et la majorité des français implicitement que le clivage lors de cette élection pose le problème d'une société libérale vs la sociale-démocratie qui n'est plus vivable économiquement.

Mais il s'agissait ici, du moins à mon avis, de savoir pour quel candidat le 22 avril il importait de voter et pour quoi faire.

Ecrit par : Libéralisateur | 20.04.2007

Certes, pas plus que Sarko, Bayrou n'est pas Libéral, mais il est modéré et réformiste...
Qu'y a-t-il de plus proche du Libéralisme que le réformisme modéré ?
Ou tout au pire de moins éloigné...
Au second tour, si Bayrou est absent, je voterai pour Sarko, mais sans enthousiasme!!!
Bon vote!!!

Ecrit par : sjperrin | 20.04.2007

Merci Michel, Edouard, Férial, Neels, Mathieu, Marc et autres... Merci aussi au libéralisateur et autre libéraux independant qui force à débattre, il est dommage que vous ne vous impliquiez pas au sein du seul parti libéral existant en France. Il est toujours possible d'appartenir à des cercles, de philosopher...que la critique soit constructive soit, mais venez polémiquer et construire chez nous , la porte du Liberal est ouverte. Dans notre histoire, récente soit-elle, les libéraux (peut-être leur vocation?) se sont toujours isolés des uns et des autres, c'est un bien pour un mal. Je ne peux pas dire que vous n'êtes pas dans l'action, ce serait faux, et vos travaux sont toujours assez riches pour que nous puissions en débattre; Mais critiquer en permanence, sans s'investir, sans être à l'écoute d'une vérité qui ne pourrait être que la vôtre, c'est quelque peu chagrinant.

Pour revenir sur les présidentiables, c'est très nul, et surtout depuis 3 semaines, pas de débat de fond, pas de projet....de la politique politicienne. Les surprises, ils risquent d'y en avoir, et dès dimanche; Tous ces mol-pensants ne sont pas propriètaires de leurs électeurs respectifs. Votez Sarkozy, votez Bayrou, economiquement et socialement quelle importance, politiquement(institution,proportionnel, l'Europe) parcontre un choix même non glorieux se présente (voir d'ailleurs ce qui s'est passé en Finlande, mais encore dernièrement avec l'ELDR). Le choix Bayrou, même s'il n'est pas libéral, tristounet comme me disait dernièrement H Novelli, il permet s'il y a lieu d'entrouvrir une porte, d'entrevoir ,et en toute indépendance un horizon certe très pollué, mais on a rien sans rien, et ne rien faire.....Venez tous nous rejoindre, et bossons ensemble, Bayrou ou.. c'est peut-être uniquement une façon pour certain libéraux de rester maître dans leur pensée sans jamais affronté le concret, la réalité, d'associé la vérité liberté des uns à celles des autres. La facilité de pensée est parfois la fragilité d'exercer. Bon courage à tous, merci Michel, il est minuit et chez AL nous sommes en cours d'envoyer nos doléances. A bientôt
librement vôtre. Faisons la Liberté, la Liberté fera le reste!!
Alan de BX

Ecrit par : ALAN DE BX | 21.04.2007

Un oubli dans le texte précèdent, pour le vote, un vote utile aurait pu être blanc, mais voilà de nos jours, il ne sert plus à rien. Demandez cela à nos socialo-conservateurs. Mais , vous votez pour qui ? et quels sont vos noms ?
a++
Alan de BX

Ecrit par : ALAN DE BX | 21.04.2007

On dirait qu'Alain Madelin a fait son choix, même s'il se refuse à être clair... Extrait de la lettre des libéraux : "Paradoxalement les libéraux se devraient donc de choisir leur candidat non pas en fonction de sa capacité à tenir ses promesses mais davantage en fonction de sa capacité à faire face aux réalités. Non pas en fonction de leur volonté de mettre en oeuvre son programme mais davantage en fonction des valeurs et des orientations qu'il représente. Car si les solutions libérales sont très largement absentes des programmes de campagne elles seront assurément au rendez-vous des réalités de demain."

Ecrit par : Matthieu | 21.04.2007

Cette histoire de naissance pédophile ou suicidaire montre qu'on peut être candidat à la présidentielle en ayant une culture scientifique proche de zéro.

Ecrit par : Stéphane | 27.04.2007

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