30.03.2007
De l'arrestation en maternelle à la bagarre du Nord : un avant-goût de la France d'après
J'ai parcouru les commentaires sur les sites et les blogs libéraux suite aux récentes mises en scène sécuritaires du candidat Sarkozy et je suis consterné par notre candeur.
Que les militants libéraux englués à l'UMP se taisent, je le regrette mais je le comprends; mais que les libéraux authentiques, ceux qui exercent leur liberté de parole, au sein d'AL ou ailleurs n'aient pas pris la mesure de la partition jouée par le ministre de l'Intérieur (oui, M. Baroin occupe le poste mais qui peut croire que son prédecesseur a abandonné le dossier sur lequel va se jouer le campagne prédidentielle ?), voilà qui augure mal de notre capacité à résister à un nouveau 18 Brumaire.
De quoi s'agit-il pour M. Sarkozy qui orchestre la campagne ?
a) D'éliminer M. Bayrou en durcissant le clivage droite-gauche qui est encore prégnant sur les questions de sécurité;
b) De faire monter M. Le Pen pour qu'il soit le nouveau troisième homme, dans la perspective d'une normalisation des relations avec le FN (ce qui permettrait aux législatives, en cas de victoire de Sarkozy, de reprendre des circonscriptions arrachées à la droite par la gauche, grâce au FN, favorisé par Mitterrand dans les années 80);
c) De justifier son pouvoir personnel en créant les conditions d'une émeute perpétuelle après le 6 mai.
On m'objectera que si ces événements peuvent profiter à M. Sarkozy, c'est de bonne guerre car il ne les a pas provoqués.
C'est l'apparence du bon sens. M. Sarkozy n'aurait pas non plus provoqué les émeutes de novembre 2005; il n'aurait pas non plus employé le mot Karcher à La Courneuve en juin 2005; il a courageusement stigmatisé l'inaction des "juges rouges" de Bobigny qui relâcheraient les prévenus; il a fait voté une dizaine de lois depuis 2004 qui seraient responsables d'une baisse sans précédent de la délinquance.
Le problème c'est que les lois ne sont pas magiques, que les chiffres de la délinquance, comme les statistiques du chômage en France (comme naguère en Union Soviétique) sont fausses; qu'un étude officielle récente, citée par le Canard enchaîné du 21 mars, démontre que les juges, en novembre 2005, on fait leur travail.
J'étais encore enseignant à La Courneuve le 20 juin 2005 lorsque M. Sarkozy a fait son numéro à la cité des 4000 suite au meurtre du petit Sidi Ahmed (lequel avait été tragiquement pris entre les feux croisés de ce qui avait été présenté comme deux bandes rivales) et avait vanté la fameuse marque de pulvérisateur à haute pression.
Il se trouve que j'avais dans mes classes nombre d'élèves proches des deux familles impliquées dans la fusillade et que j'avais pu me faire une idée assez précise des tenants et aboutissants de cette affaire qui tenait plus des Montaigus et des Capulets de Roméo et Juliette que du trafic de drogue que nos conservateurs aiment à accommoder pour justifier l'interventionnnisme et l'ordre moral.
Le lendemain M. Sarkozy était revenu à la mairie de La Courneuve pour distribuer les promesses, promettant les emplois comme on distribuait les offices ou les indulgences sous l'Ancien Régime. Les caméras ayant été démontées, aucune n'a été tenue.
J'ai su alors qu'on avait fouillé les appartements pour trouver les armes alors que chacun sait où les armes se trouvent dans la cité et pas où la police sarkoziste a fait mine de les chercher (mais c'était mieux ainsi pour la seule chose qui compte, les caméras et le 20 heures).
La police à La Courneuve est toujours, en dépit des promesses de juin 2005, en sous-effectif (l'Etat social-conservateur ne peut pas à la fois éponger les dettes d'un Crédit lyonnais et assumer ses tâches régaliennes).
Sentant l'explosion imminente, et étant père de deux enfants, j'ai demandé, après 12 années de bons et loyaux services dans le 93, ma mutation sur Paris. En novembre mes craintes étaient, hélas, confirmées par les "émeutes" dont l'abcès de fixation créé par l'irresponsabilité de M. Sarkozy a été le prétexte.
J'enseigne actuellement en ZEP dans le 19e, et voilà que je suis encore rattrapé par le maire de Neuilly.
J'ai beaucoup d'élèves chinois dans le collège où j'enseigne et je peux vous dire qu'il sont exemplaires. Il savent ce qu'est le racisme. Ils le subissent chaque jour, parfois dans leur chair, mais ils s'accrochent admirablement.
La grande législation française, celle de l'instruction publique, qui nous vient de Condorcet, de Daunou, de Destutt de Tracy, les grands pédagogues libéraux de la Révolution, nous oblige à scolariser tous les enfants qui se trouvent sur notre territoire. Mais la monstruosité législative antilibérale promue par les constructivistes de tous poils veut que le grand-père qui, est pourtant le modèle structurant pour l'élève chinois, nourri non pas de l'obscurantisme islamiste mais de la sagesse confucianiste, ne soit pas touché par cette grâce républicaine.
Admettons. Admettons comme M. Sarkozy, qui est à Condorcet ce que le palefrenier de Bonaparte est à Jefferson, que mon élève chinois puisse être encouragé dans sa scolarité par l'arrestation de son grand-père. Mais alors pourquoi l'arrêter devant l'école et non pas, tranquillement, chez lui ?
Voilà qui devrait troubler les libéraux de l'UMP. Pourquoi gazer le quartier au vu et au su de la terre entière et pousser une directrice exemplaire et qui plus est de confession juive (ce que la presse omet de relever) ? La réponse est élémentaire : il s'agit de conduire la gauche à engager le combat sur le terrain choisi par M. Sarkozy pour laminer M. Bayrou en restaurant le clivage droite-gauche dans toute sa rusticité (c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes).
Je voulais aussi vous parler de la bagarre du Nord mais il se fait tard et après les mensonges d'Etat de "la voix de son maître", M. François Baroin, sur l'irrégularité de la situation d'Angelo H., je dois encore compléter mon dossier avant de vous livrer mon sentiment.
Toujours est-il que ces événements qui sont tout sauf fortuits, nous donnent un avant-goût de "la France d'après", celle de l'après 6 mai, si M. Sarkozy était élu : insécurité permanente suscitée par un Etat qui n'a plus les moyens d'assumer ses responsabilités (heureusement 90% des besoins de sécurité commerciale en banlieue sont assurés par le privé), émeute perpétuelle.
La France, dont le déficit est déjà abyssal, a-t-elle les moyens de se payer une guerre civile durant les 5 années que durerait la présidence de M. Sarkozy ?
La réponse est contenue dans la question. C'est pourquoi j'appelle les vrais républicains, ceux qui sont vaiment attachés à la sécurité des personnes et des biens - et pas seulement à Neuilly - à quitter tant les rangs du PS, dont la politique est responsable de la montée de l'extrême droite, et ceux de l'UMP dont le candidat, plus soucieux de démagogie que de service public, a mis le feu aux poudres, et à rejoindre Alternative libérale pour préparer la révolution légale ,qui est la seule révolte susceptible de sortir les banlieues en particulier et le pays en général du marasme.
23.03.2007
le nouveau Hayek est arrivé
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Pour découvrir l’œuvre et la pensée de celui qui a été le plus influent et vigoureux acteur du renouveau libéral au XX° siècle, le lecteur français peut en principe se reporter à quelques grands titres tels que La Route de la servitude, La Constitution de la liberté ou Droit, législation et liberté et La présomption fatale. Mais plus aucun de ces titres de Hayek n’est depuis longtemps disponible en librairie…La publication des Essais de philosophie, de science politique et d’économie (1967) va donc à la fois enfin combler un bien étrange vide éditorial et satisfaire tous ceux qui veulent par eux-mêmes en savoir plus sur l’élaboration des thèses du Prix Nobel d’économie 1974, devenu l’icône mondial du « néo-libéralisme » en partie grâce aux anathèmes lancés contre lui par les altermondialistes et tous leurs alliés étatistes.
Composé de 25 chapitres reproduisant des textes de conférences ou d’articles, l’ouvrage s’articule en trois parties dont la première concerne les soubassements de la théorie hayekienne de l’ordre spontané et de l’évolutionnisme. Tout en traitant des fondamentaux de l’économie de libre marché, la troisième comporte dans son chapitre 20 des aperçus fort éclairants sur le détournement du droit qui a permis à la tyrannie syndicale d’acquérir les privilèges et le pouvoir de nuisance que l’on sait. Mais c’est dans la partie centrale (la politique) qu’on trouvera le plus de quoi vraiment comprendre l’origine des errements majeurs de l’époque : la démagogie du « social » qui bat actuellement son plein (ch. 17 : « Social ? Qu’est-ce que ça veut dire ? ») ou la trahison de l’intelligentsia devenue la courroie de transmission de l’étatisme et du collectivisme (ch. 12 : « Les intellectuels et le socialisme » - un texte légendaire).
Si l’on ajoute à cela la redéfinition rigoureuse du libéralisme (ch. 11 : « Le principe d’un ordre social libéral ») et la fameuse allocution d’ouverture de la conférence inaugurale de la Mont-Pèlerin Society (ch. 10) qui constitue toujours de nos jours une sorte d’Internationale des intellectuels libéraux, la parution de ces Essais inédits en français représente un événement majeur pour tous ceux qui privilégient la liberté individuelle.
Alain Laurent
* Editions des Belles Lettres (Bibliothèque classique de la liberté) ; 528 pages, 29 euros.
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La révolution légALe et les principes de 1789 : pour en débattre, je vous invite à l'Assemblée nationale
Alors que mes camarades Edouard et Ludovic prenaient la température au Zénith (Cf. leurs blogs), je regardais ce soir les « Guignols de l’info » et j’ai pu observer que les images d’Epinal ont la vie dure : PPDA reprochait au malheureux Bayrou d’allier les mots « révolution » et « pacifique » en laissant entendre que les « révolutionnaires » n’allaient faire qu’une bouchée des « pacifiques ».
Cette idée, entretenue par l’historiographie révolutionnaire française largement dominée par l’analyse socialiste des Louis Blanc, Mathiez ou Soboul, que la Révolution ne fait qu’un bloc et donc qu’il nous faut intégrer les événements qui la suivent dont l’agitation girondine, la Terreur jacobine et les pseudo-révolutions socialistes du vingtième siècle, a détruit l’idée originelle pourtant illustrée par les grandes révolutions libérales (Pays-Bas, Angleterre, Etats-Unis et France).
Or, la Révolution a française a bien procédé d’un processus légal qui se déroule de l’Assemblée des notables de 1788 à l’adoption de la Constitution en 1791 (la fièvre du Faubourg-Saint-Antoine qui conduisit à la comédie de la prise d’une Bastille – désertée – et les événements, plus graves des campagnes n’ont constitué qu’une de ces toiles de fonds au moyen desquels les Français aiment à mettre en scène leur histoire).
Afin d’inaugurer ce travail sur l’essence libérale des révolutions, j’ai le plaisir de vous inviter à la première conférence de mon cycle consacré aux grands parlementaires libéraux qui portera sur la période 1788-1794.
Mon ambition n’est pas encore de retracer exhaustivement l’histoire de la période mais de vous présenter quelques archives d’un univers disparu en faisant retentir dans l’enceinte de l’Assemblée les voix de Volney, Dupont de Nemours, La Fayette, Le Chapelier, Condorcet, La Rochefoucauld-Liancourt, Daunou et Destutt de Tracy.
Ces lectures en écho aux écrits ultérieurs de Bastiat, Tocqueville ou Bruno Leoni sur le pouvoir législatif nous permettront de préciser les formes de la critique libérale du régime représentatif et, sans doute, de la relativiser.
La conférence aura lieu le mercredi 28 Mars 2007 au 126, rue de l’université 75007 Paris de 19h 30 à 21 heures, dans les locaux de l’Assemblée Nationale.
Pour des raisons de sécurité, l’accès à l’Assemblée Nationale est soumis à contrôle. Dans tous les cas, le nombre de places étant limité, ayez l’obligeance bien vous inscrire impérativement avant la 28 mars à midi en adressant un courriel à euro92@noos.fr pour assister à la conférence. Une pièce d’identité vous sera demandée pour pénétrer dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale. Les procédures de contrôle étant longues, vous voudrez bien être sur place un quart d'heure avant le début de la conférence.
00:36 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.03.2007
L'actualité du 15e sud, selon Jean-François Lamour
Alerté par le blog de Grégoire Lucas sur le lancement du site commandé par le parachutiste Jean-François Lamour (celui qui, comme sabreur, nous avait fait rêver), je m'empresse de cliquer sur le lien.
Une fois enjambée la propagande habituelle, je suis attiré par l'onglet "actualité du 15e sud" où je suis candidat. Ayant activé le lien, je tombe sur la note suivante (sous le portrait du chef):
"Lundi 19 mars, Nicolas Sarkozy sera l'invité sur France 2 du journal télévisé de 20 h et de l'émission "Complément d'enquête" à 23h15.
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Non, monsieur le ministre, ce soir, l'actualité du 15e sud ce n'est pas Nicolas Sarkozy (le magicien qui croit qu'en légiférant - 10 lois depuis 2004 - on fait baisser la délinquance).
Ce soir l'actualité du 15e sud se résume, hélas, à une tragédie : deux de mes collègues enseignants du lycée autogéré du 15e ont été battus presque à mort (70 jours d'incapacité !) à la sortie du lycée au 393, rue de Vaugirard.
Gageons que, comme après les fusillades du quartier Dupleix et de la rue Saint-Charles, MM. Goujon et Lamour vont nous assurer que la délinquance est en baisse (alors que, dans le 15e, les chiffres disponibles sur le site de la préfecture de police démontrent le contraire) et M. Galy-Dejean de prendre sa plus belle plume d'oie pour écrire, une nouvelle fois, au préfet de police.
Au lieu de confisquer nos libertés (école, sécu, retraites), l'Etat UMP serait mieux inspiré d'assurer leur protection !
Oui, l'UMP est vraiment une autre planète où l'on ne saurait recevoir de nouvelles du 15e sud puisqu'on ne communique plus qu'avec le sommet (l'Elysée que brigue Nicolas Sarkozy ou l'AMA, l'Agence mondiale antidopage dont M. Lamour assure la vice-présidence à Genève).
Face à l'autisme des partisans de l'Ancien régime, la révolution légale que je prône avec Edouard Fillias, candidat dans le 15e nord, est plus que jamais d'actualité.00:12 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.03.2007
Pour prendre de la hauteur, je vous invite au ministère de la Recherche le 19 mars
Sur la blogosphère le maelström, qui a plongé le "débat" sur le soutien d'Edouard Fillias à Bayrou dans des landes où la raison n'a plus sa place, donne envie de prendre de la hauteur.
Heureusement le hasard – ou plutôt l’hospitalité de Jean Petitot, directeur du CREA-Polytechnique — faisant bien les choses, j’ai le plaisir de vous inviter le 19 mars à une table ronde organisée au ministère de la Recherche à l’occasion de la parution aux Belles Lettres des Essais de philosophie, de science politique et d'économie (1967) de Friedrich Hayek
Les tables rondes donneront lieu à de brèves présentations des volumes qui composent la collection « Classsiques de la liberté » aux Belles Lettres ainsi que la catalogue des éditions de l’Institut Charles Coquelin.
J’y parlerai de l’école de Paris, des Sophismes économiques de Frédéric Bastiat et surtout Du parti libéral, son programme et son avenir (1863) et des Projets de M. Jules Ferry et la liberté d’enseignement (1880) de mon maître en philosophie politique, Edouard Laboulaye.
Alain Laurent m’a fait l’honneur de me confier l’édition de ces textes qui, comme les Sophismes économiques, n’étaient plus disponibles depuis le 19e siècle (parution en septembre).
Laboulaye, au cours de la seule année 1875, a la même année concrétisé son idée d’offrir la fameuse statue de la liberté à l’Amérique, arraché une liberté perdue aujourd’hui pour les universités et œuvré à l’adoption des lois constitutionnelles qui donnèrent presque « miraculeusement » naissance à la IIIe République.
C’était l’époque où les républicains libéraux du centre gauche en s’alliant à la fois avec la gauche républicaine et certains orléanistes réussirent à rompre le front monarchiste qui ne promettait rien d’autre à la France que le retour du roi : une belle leçon de choses ! La semaine prochaine, j’aurai le plaisir de vous inviter à l’Assemblée nationale pour la première séance de mon cycle consacré aux grands parlementaires libéraux.
Voici le texte de l’invitation où vous trouverez les informations pratiques pour vous rendre à cette table ronde :
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18:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : élections législatives, libéralisme, Michel Leter, Edouard Laboulaye
16.03.2007
Qu'est-ce qu'un parti libéral ?
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En réaction au soutien apporté par Edouard Fillias à François Bayrou, je vois passer de singuliers messages de mécontentement qui m'obligent, une fois encore, à revenir aux fondamentaux du libéralisme, sans la connaissance desquels, ce soutien peut effectivement être confondu avec un ralliement qui ferait d'AL une nouvelle "fashion victim".
En tant qu'enseignant, j'ai subi Bayrou, ministre de l'Education nationale comme j'ai subi Allègre et Royal, sa secrétaire d'Etat à l'enseignement scolaire.
La question n'est donc pas de savoir si j'aime Bayrou ou si je voterais pour lui au premier tour. La question n'est pas non plus de savoir si Edouard Fillias, qui se tue la santé à développer AL, est un bon président. Ce n'est pas parce qu'il ondule bien et crève l'écran que sa présidence est légitime mais pour d'autres raisons plus profondes.
Mon souci n'est pas l'avenir politique d'Edouard, ni même celui d'AL, mais l'avenir du libéralisme en France. Je crois en la moralité de la concurrence, bien au-delà du strict cercle économique...
J'aimerais vous causer un peu d'Europe non pas seulement parce que la blogosphère est irrespirable aujourd'hui (je vous invite à aller sur les blogs, entre autres, de Sabine Hérold, d'Edouard Fillias et d'Aurélien Véron pour l'oxygéner) mais j'espère que chacun a compris que nous ne sommes pas le club des amis du libéralisme français et qu'il n'est pas question d'attendre 2008 pour préparer les municipales ni de se mettre soudainement le 1er janvier 2009 à sauter comme des cabris pour crier "L'Europe, l'Europe !".
Ceux qui pensent que la déclaration du 13 mars de notre candidat à la présidentielle est une déclaration de circonstance dictée par les 24% d'intentions de vote attribuées à Bayrou, ne comprennent rien à la politique européenne et à ce que peut y faire un parti libéral.
Depuis la création d'AL en mars 2006, Edouard se réfère à deux modèles européens le FDP allemand et les "Liberals Democrats" irlandais et que je sache aucune des voix qui aujourd'hui s'élèvent contre le soutien d'Edouard à Bayrou, n'ont contesté la pertinence de ces références.
Quel a été le rôle de ces deux partis ? Le premier, sans perdre son âme, dans les années 60, en s'alliant tantôt au parti démocrate-chrétien, tantôt au SPD, a inspiré le miracle économique allemand. Le second, dans les années 90, par la même alliance, a fait passer l'Irlande de statut de pays assisté à celui de petit dragon de la zone Euro.
Le socle idéologique du FDP est constitué par "l'ordolibéralisme" allemand développé, entre autres, par Walter Eucken et Wilhelm Röpke. Le concept d'économie sociale, adopté par Bayrou, et qui nous fait bondir a priori, est en fait inspiré du concept "d'économie sociale de marché" qui est au centre de l'ordolibéralisme allemand (et qui n'est plus utilisé seulement par les libéraux. J'ai entendu Merkel s'y référer lors de son dernier passage en France).
Les "ordolibéraux" jugeaient qu'après 50 ans de sociale-démocratie et 12 ans de nazisme qui avaient fait perdre aux Allemand le sens de la responsabilité individuelle, les solutions libérales ne pouvaient être acceptées qu'en alliant le discours social et éthique au discours économique. Ils ont donc conçu et défendu le concept "d'économie sociale de marché" qui a été largement assimilé par la nouvelle Allemagne Fédérale.
Je ne crois pas avoir lu le mot Europe sur les commentaires récents de nos blogs et intranets. J'ai le triste sentiment que nous n'avons pas mesuré la portée de la présence au Bataclan d'Annemie Neyts, député européen, présidente de l'ELDR, parti européen transnational qui regroupe nombre des partis libéraux et démocrates de l'UE.
Brel avait beau jeu de se moquer des Fla, des Fla, des Flamandes mais quand on l'a vu ainsi nous causer, la Flamande, presque en aparté, sur le ton de la confidence des difficultés à vivre l'UE de l'intérieur, comme si nous étions "des amis de 30 ans", à défaut de faire lever les foules, quelle justesse de ton !
Nous allons désormais devoir être à la hauteur de l'incroyable confiance qu'une personnalité aussi considérable qu'Annemie Neyts nous accorde.
Que cela plaise ou non, nous sommes, explicitement depuis le Bataclan, les représentants français de ce grand courant européen qui entre la démocratie chrétienne et le socialisme allie (ce qui n'a rien à voir avec un "ni-ni") les libéraux aux "démocrates" (avec certes leur démangeaison collectiviste, mais nos sociaux-libéraux ne sont pas en reste).
Au sein du groupe ADLE - Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe au Parlement européen, notre principal référent le FDP appartient à ce groupe; il en est même sans doute le parangon puisqu'à Freie Demokratisch Partei on ajoute désormais die Liberalen : les Lib Dem anglais n'ont eu qu'à faire du copier-coller.
Marielle de Sarnez n'est pas seulement directrice de campagne de Bayrou, elle est également vice-présidente de l'ADLE. Elle n'est pas passée au Bataclan pour faire un courant d'air. Sa présence nous invitait à méditer sur l'espace politique que nous entendons occuper : en France l'alliance dem/lib ne serait donc pas interne à un parti comme en Allemagne et en Angleterre (et comme en France lorsque Madelin avait pris le PR). Elle aura donc deux jambes : le nouveau parti qui naîtra de l'UDF pour la jambe démocrate et AL pour la jambe libérale.
Aussi le soutien à Bayrou n'est-il pas un pari mais correspond à l'espace que nous occupons naturellement dès lors que nos frontières n'ont plus la seule forme d'un hexagone.


